Mercedes bonsaï, le Coupé Classe C ? Non, quand même pas. Mais il y a bien longtemps, SLK et Classe A exceptés, que l'on n'avait vu une Souabe aussi compacte.
DEUX PORTES et 18 cm de moins (4,34 m) et voilà la bonhomme Classe C devenue Coupé. Coupé sport même. Mercedes n'échappe pas au jeunisme ambiant et l'on sait que pour faire jeune une automobile se doit d'être compacte. Sans doute parce que compacité rime avec accessibilité (financière). N'empêche, le Coupé sport est mignon tout plein à regarder -quoi que la poupe manque d'assise -et il est probable qu'il se vendra sur sa mine au moins autant que sur son pedigree. François Le Clech, le patron de Mercedes-Benz France, convient du reste bien volontiers avoir largement sous-estimé le potentiel de son auto au point que le quota 2001 (1 300 exemplaires) est d'ores et déjà épuisé. L'objectif 2002 ? « Trois à quatre fois plus, sans problèmes »… Le Coupé C mérite globalement cet intérêt. Bâti sur la plate-forme de la berline, il en reprend l'essentiel, trains roulants et mécaniques en particulier et jusqu'à l'habitabilité, à peine moindre. Évidemment, la ligne de pavillon nettement plus fuyante pénalise la garde au toit, l'accès aux places arrière (un peu exiguës) est moins facile, l'emballage un peu moins statutaire (terme débile dont raffolent les gens de marketing), mais il s'agit bel et bien d'un coupé et ses charmes sont ailleurs : dans sa robe plus dynamique, sa présentation intérieure d'aussi belle qualité mais plus gaie, son comportement un rien plus incisif, voire dans son… hayon qui permet d'accéder à une soute accueillante (310 à 1 100 litres banquette fractionnée rabattue). Son prix ? Oui, quand même : le ticket d'entrée est à 159 900 F, 13 000 F plus bas que pour la berline C. On notera au passage que BMW a été moins gourmand pour sa 3 Compact (139 000 F prix d'entrée) et qu'Audi, qui tient pourtant son A3 en haute estime, propose une version 1.8 Ambiente 5 000 F moins cher. La gamme Coupé sport culmine à 210 900 F, le milieu de gamme (essence ou diesel) tournant autour de 185 000 F. A ce niveau de prix, l'équipement pourrait au moins être complet. Facturer une climatisation, automatique certes, la radio et le détecteur de pluie sur un engin dépassant les 200 000 F (version 230 K) procède de l'humour le plus noir ; mais on sait Mercedes plein d'humour. Sinon, bien sûr, l'essentiel y est dès le modèle d'attaque : sextuple airbag, allumage automatique des projecteurs, ordinateur de bord… Comme de juste, le catalogue des options s'écrit façon bottin parisien avec, notamment, un gigantesque toit ouvrant électrique en verre (dommage que l'ouverture ne concerne que les places avant) et une commande vocale pour le téléphone et l'autoradio.
Le bon choix ? Le 2.2 CDI de 143 ch ; Peugeot a montré la voie avec son Coupé 406 HDI…
Quatre mécaniques sont proposées pour l'instant : le 1 800 de 129 ch (9 CV), le deux litres compresseur de 163 ch (11 CV), le même en 2.3 de 197 ch (13 CV), tous trois à quatre cylindres, et le 5 cylindres 2.2 CDI de 143 ch (8 CV). Parions sur le succès du dernier : rond, plein, disponible, silencieux, efficace et très peu gourmand (8 litres en moyenne), il sied à merveille à cette voiture, fût-elle un Coupé sport. Qu'elle n'est pas : suspension efficace mais un peu souple, direction manquant de précision et poids conséquent (1 500 kg) embourgeoisent un comportement au demeurant très sain et sécurisant. Mercedes a bien sûr prévu les inévitables béquilles électroniques (ESP, antipatinage, ABS) mais la bonne conception de la voiture et la belle rigidité de la caisse repoussent leur intervention. Freinage peu criticable. En comparaison, les quatre cylindres essence manquent de charme. Le petit deux litres de 129 ch est bien souvent à la peine, quoique volontaire, et le bruit comme la consommation (9,5 litres) en pâtissent. Moins puissant (115 ch), le nouveau 1 800 Valvetronic de la BMW 3 Compact est bien supérieur en terme d'agrément et consomme moins. Le deux litres à compresseur mécanique fait bien ses 163 ch mais sans relief aucun et sans distiller beaucoup de plaisir. 10,5 litres en moyenne. Reste le 2.3, déjà vu sur le SLK et le CLK : un beau moteur, plein de tonus, mais là encore manquant de tempérament et cruellement banalisé par un bruit de fonctionnement affligeant. On rêve d'un six cylindres d'égale puissance comme l'a bien compris, une fois de plus, BMW qui loge le 2.5 de 193 ch sous le capot de la Compact. L'agrément est alors sans commune mesure et les deux se tiennent en terme d'appétit (autour de 11,5 litres, voire nettement plus si pied lourd…). Le 2.3 peut s'exprimer un peu plus efficacement avec la suspension sport et les jantes de 17 pouces (pack Evolution), mais au détriment du confort de conduite. Dans tous les cas, deux transmissions sont proposées : mécanique à 6 rapports et automatique séquentiel à 5. Comme souvent chez Mercedes, l'automatisme est plus convaincant. Belle douceur, absence d'à-coups, dynamisme certain, c'est bien. Précise mais assez rêche et longuement étagée, la boîte mécanique conviendra au petit deux litres qui demande à être bousculé, voire au 2.3 pour ses aptitudes sportives. Question de goût, voire d'éducation… Un système robotisé séquentiel à 6 rapports Séquentronic est également au programme (sauf sur la C180), assez peu convaincant.
Plus compact que la berline, le Coupé Sport est indiscutablement plus dynamique. Surtout avec cet immense toit ouvrant panoramique…
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