Le jeune homme a dix-sept ans, la famille fête son anniversaire, le téléphone sonne. C'est son grand-père, le « Vieux », qui lui commande de venir le rejoindre en Sicile, immédiatement. Pourquoi tant d'urgence ? Dans le silence et l'ombre de l'île rôde, tout le monde le sait, la soif de vengeance. Le Vieux menait ménage à trois : Bruna, l'épouse légitime, et Mia, la merveille. Mia a été violée, égorgée, scalpée. « Ils ont frappé comme des hyènes ». Ils ? Des hommes des 611 familles de l'île. On ne sait qui précisément. « Je me fous de savoir qui a été la lame, qui a été le rasoir et qui a été le sexe. Ces six cent onze hommes m'ont tous trahi, par lâcheté, par haine, par envie. » Le jeune homme doit les tuer, va les tuer. Il s'en ira apprendre l'art du meurtre en Afrique, accomplira sa « mission », suivi par le fantôme d'une autre mort, dont on ne saura presque rien. À 26 ans, Frédéric Galante, « acrobate du bâtiment » de métier, fait preuve d'une belle audace. Affichant une innocence perverse, un goût quasi-mystique pour la frayeur, le dépassement de soi, il annonce un univers paroxystique, échevelé, entre le cri et le renoncement. L'écriture n'est pas encore sûre (hélas, combien de « comme »…), l'imaginaire l'est.
« 611 Sud », Galante, éd. Pauvert, 162 p., 98,40 F, 15 E.











