La cueillette a démarré officiellement il y a une semaine dans les vergers lorrains, pour une production qui s'annonce très faible, en raison des gels d'avril.
À VIGNEULLES, près de Nancy, en Meurthe-et-Moselle, sur l'exploitation de Philippe Daniel, président de l'association Mirabelles de Lorraine, la cueillette a démarré lundi dernier dès 8 h, avec seulement une quarantaine de saisonniers - ils sont 80 en temps normal. Pour quelques jours encore, ils tentent de faire contre mauvaise fortune bon coeur. L'association Mirabelles de Lorraine regroupe la majorité des producteurs de mirabelles de Lorraine, qui produisent des prunes de la marque Mirabelles de Lorraine.
Coup de gel en pleine floraison
Pessimiste, Philippe Daniel prévoit, pour son exploitation, une production de 40 tonnes environ, contre près de 350 en temps normal, car ses arbres, qui normalement produisent entre 80 et 120 kg de fruits chacun, ne donneront cette année que 10 à 20 kg de mirabelles.
Pour l'ensemble de la région Lorraine, les prévisions, la semaine dernière, n'étaient pas plus optimistes: les 200 producteurs lorrains tablaient sur une production de 3 à 4000 tonnes de fruits, alors qu'elle avoisine habituellement de 12 000 à 15 000 tonnes. La cueillette qui d'habitude s'étalait sur six semaines ne devrait donc durer cette année que trois semaines maximum. Une situation, comme pour de nombreuses récoltes (lire ci-dessus), qui est due aux mauvaises conditions climatiques du printemps. Pour les mirabelles lorraines, ce déficit est la conséquence du gel qui s'est abattu sur la région dans la nuit du 14 avril dernier, avec des températures inférieures à - 3 degrés, «au moment où les fleurs étaient en pleine fécondation», explique Bruno Colin, producteur et directeur de la coopérative Végafruit. Pourtant, cette année promettait d'être très belle pour la mirabelle: Philippe Daniel indique que la floraison était magnifique. Mais ce gel a duré environ une semaine, détruisant ainsi une grande partie de la production. Dans les champs, depuis une semaine, les saisonniers s'activent pourtant, triant et ramassant les quelques prunes qui tombent sur les bâches placées sous les arbres. Les fruits sont ensuite transportés dans des hangars où ils sont calibrés et testés pour obtenir l'agrément ''mirabelles de Lorraine''. En 1999, celles-ci ont obtenu le Label rouge de qualité. Trois ans auparavant, en 1996, elles avaient déjà été gratifiées de l'indication géographique protégée (IGP).
Une fastidieuse cueillette à la main
Dans le cadre du Label rouge, qui nécessite une charte de qualité encore plus stricte, les cueilleurs, juchés sur des échelles, ramassent les fruits directement sur l'arbre. Cette étiquette concerne uniquement les fruits ''de bouche'', vendus aux consommateurs sur les étals. Lorsqu'ils sont cueillis à la main, ils ont une meilleure espérance de vie, même si la cueillette est beaucoup plus fastidieuse. Peu à peu, les producteurs se remettent pourtant à cette pratique, pour obtenir des fruits de haute qualité. Un tiers de la production est dirigé sur les fruits de bouche, et les deux tiers restants sont destinés à l'industrie, avec notamment les fruits au sirop, très utilisés par les pâtissiers, les confitures, l'eau-de-vie, mais également les fruits surgelés et les yaourts, deux nouveaux marchés qui ont vu le jour il y a quelques années, et ont permis de redynamiser la filière. Mais s'il s'avère que les prunes ne sont pas nombreuses cette année, en contrepartie, elles ont un calibre exceptionnel et un excellent taux de sucre, car les arbres ont concentré toute leur énergie sur les fruits restants. C'est le président de l'association Mirabelles de Lorraine qui l'affirme.
Cueillette de mirabelles à Billy-sous-les-Côtes, en 1997. La campagne officielle 2001 a démarré il y a une semaine dans les vergers lorrains, pour une production qui s'annonce très faible.
Archives AFP











