Scène de rue en été. Il a l'air pressé, le monsieur. On sent qu'il parvient à destination au geste qu'il a pour sortir son portefeuille de son blouson en jean. Geste vain : grilles tirées. L'homme au pas véloce se dirigeait vers un bureau de tabac. Bernique. Congés annuels. Petite musique d'août. « Merde ! », s'exclame-t-il à haute voix. Et pour faire bonne mesure, à plus haute voix encore : « Fait chier… » La soupape verbale ayant lâché un peu de pression, le monsieur passe de la colère à la perplexité. Regarde autour de lui. Où aller alors ? Remontée de pression. « Merde… », récidive-t-il. Petite musique d'août. Panne de cigarettes ? Manque de jeu à gratter ? Journal urgent ? PV à décorer d'un timbre fiscal ? Lui, il sait. Pas les autres passants — on sent qu'ils compatissent au hasard mais bon, ce sont les vacances pour tout le monde. Petite musique d'août.











