Il habite Mulhouse, mais son royaume, c'est la vallée. Depuis bientôt dix ans, James anime des soirées karaoké. Un succès qui ne cesse de l'étonner…
Il habite à Mulhouse, mais c'est dans la vallée qu'il passe la plupart de ses soirées, avec son écran géant, ses micros et sa sono. Depuis bientôt dix ans, James, alias Jean-Pierre Haefflinger, anime dans les bars des soirées qu'il a lui même baptisé « karaoké dance party ». Pourquoi dans la vallée ? « Parce que c'est une autre mentalité. Dans les vallées, les gens ne sortent pas la semaine. Le week-end, ils ont envie de faire la fête. Parfois trop… Il faut savoir gérer sa soirée et son public ». Quinze ans passés aux platines dans les discothèques, ça donne de l'expérience. C'est à Grenoble qu'il a commencé. « J'avais un CAP de mécano mais pas envie de me salir les mains. Ma première discomobile, avec deux platines et une table de mixage, s'appelait Lolipop. La seconde, c'était Disco magic show, parce que je travaillais avec un magicien ». De retour en Alsace, il fait « un peu tous les métiers, avec des animations le week-end. Ensuite je suis devenu disc jockey et voilà, ça a été l'enchaînement ». « Ça a marché tout de suite, parce que j'avais déjà la clientèle des discothèques. À l'époque, je faisais aussi beaucoup d'animations commerciales dans les supermarchés. Aujourd'hui, les gros catalogues ont remplacé les animateurs ». Le karaoké, en revanche, est toujours là. « Ça m'épate. Depuis mon premier karaoké — au Paradise Garden à Illzach — ça marche toujours. Peut-être parce que tout le monde a un jour rêvé de devenir chanteur, ou chanteuse, d'être une star ». « Je crois aussi que ça a marché pour moi parce que je n'ai jamais cherché à faire de l'argent avec ça. C'est une passion, qui se paie cher d'ailleurs côté vie privée. Et quand c'est une passion, c'est difficile de s'arrêter. On se sent comme une responsabilité : il y a des gens qui sont capables de faire Saint-Louis Saint-Amarin pour venir chanter chez moi ! »
Tout le monde a rêvé un jour de devenir une star
« Le concept karaoké soirée dansante marche bien : on évite de lasser. Et puis le matériel y est pour beaucoup. Plus de 2000 titres (avec Johnny et Céline Dion en vedette), le top en matière de sono et d'écran géant, ça met les gens en valeur. Et c'est ce qu'ils aiment. Les gens veulent du spectacle. Et c'est ce qu'ils trouvent. Certains chantent depuis dix ans, il y a de vrais talents, des chanteurs d'orchestres. On a parfois l'impression d'assister à un concert : quand certaines filles chantent du Céline Dion, on entend les mouches voler. C'est vrai, c'est moins marrant qu'au début, quand les gens chantaient mal. Aujourd'hui, c'est fini : ils s'entraînent la semaine, viennent se tester le week-end. C'est presque devenu trop sérieux ! »
Y ALLER James sera vendredi 24 août au Barock à Thann, samedi 25 août au Cats'Eyes à Saint-Amarin.
Avec un père pareil, Élodie, sa fille, ne pouvait qu'hériter de son amour pour la chanson. « J'adore chanter », dit-elle. « Elle a une très belle voix, elle y arrivera », assure son père.
Darek Szuster











