Les Scorpions ont clôturé dimanche soir la série des concerts de la Foire aux vins. Du gros show avec du gros slow : les 10 000 spectateurs en ont eu pour leur argent.
« Nous ferons du Scorpions à 100 % » avaient-ils promis deux heures avant le concert. Promesse plus que tenue. Certains diront même que les Scorpions ont fait du Scorpions à 150 %. Dimanche soir en effet, pour clôturer la série de concerts organisés au théâtre de plein air dans le cadre de la foire aux vins, les Scorpions ont mis entre parenthèses les expériences de leurs deux derniers albums : Moment of glory, avec le Philharmonique de Berlin, et Acoustica. C'est donc du bon, du gros et du gras Scorpions qui a été servi aux 10 000 spectateurs présents. Et ce dès l'intro. Arrivés sur scène peu après 21 h, les Scorpions ont engagé le set sur du rock très musclé. Musclé sur un plan vocal, avec un Klaus Meine en bonne forme. Batterie très musclée aussi. Et côté guitares, Matthias Jabs et Rudolf Schenker ont vraiment sorti la grosse artillerie. Au point parfois de friser la caricature, quand Schenker martèle sa guitare type « flying V » de moulinets répétés, multiplie les poses typiquement « hard »…ou quand Jabs imite le bruit d'une moto avec son vibrato.
Gros bras à la batterie
Après une bonne demi-heure de Scorpions servi très « show », les cinq gaillards ont servi quelques plats très « slows ». Un contraste saisissant quand Jabs et Schenker délaissent leurs bonnes vieilles guitares électriques pour revenir sur scène avec des modèles électro-acoustiques. Et jouent sagement sans bouger. La voix de Klaus Meine retrouve son timbre caractéristique des slows signés Scorpions. 22 h : le groupe reprend du muscle et rallume l'électricité. L'occasion pour le batteur de s'offrir un instant de bravoure, en effectuant un solo costaud qui restera un des moments forts du spectacle : non par sa technique mais par son côté « gros bras ». Le batteur donne parfois l'impression d'assommer sa batterie à coups de trique, finissant le sacrifice torse-poil, debout sur sa grosse caisse, les cheveux blonds complètement hérissés, les poings levés vers le public qui lui fait un triomphe… Le public, tout heureux de retrouver « ses » Scorpions, demande même un rappel. Pas seulement de politesse. L'occasion pour Klaus Meine de lancer un énième « Thank You Colmar », suivi d'un « Still loving you babe ! »… Et, bien entendu, d'enchaîner sur LE hit des Scorpions : Still loving you. Les briquets s'allument. Les couples s'embrassent et, ici ou là, dansent un petit slow. L'affaire sera entendue avec un autre slow : The wind of change, extrait de l'album Crazy World. Dernier morceau et c'est la fin. 23 h : adieu des Scorpions, et le théâtre de plein air se vide. Les concerts de la première foire aux vins du troisième millénaire sont finis.
Les Scorpions au théâtre de plein air de la foire : entre le hard et le slow, leur coeur balance.
Mathieu Lerch











