Pénalisé par la déprime mondiale des technologies de l'information, le groupe va supprimer 16 400 emplois et se recentrer sur les services et logiciels.
AVEC L'OBJECTIF de calquer son modèle d'activité sur celui de l'Américain IBM, le Japonais Fujitsu a annoncé hier un plan de restructuration radical, prévoyant en une seule année une réduction de 9 % de ses effectifs, soit 16 400 emplois sur les 180 000 qu'il compte actuellement. « En raison de la chute des investissements des entreprises en technologies et de la demande des particuliers, la situation est grave », constate Fujitsu. Un total de 11 400 postes seront taillés dans les filiales étrangères en particulier en Asie (Philippines, Thaïlande, Vietnam) dans le cadre de fermetures d'usines et regroupements et 5000 autres au Japon, via notamment une diminution du réseau de vente. En plus des postes supprimés au Japon, 4700 personnes seront transférées vers de nouvelles activités. Côté capacités de production, Fujitsu abandonnera la production de lecteurs pour disques durs d'ordinateurs de bureau, fera passer de douze à neuf le nombre de ses usines de composants électroniques au Japon et rationalisera sa division télécommunications. Avec ce plan de restructuration agressif, le groupe espère connaître les mêmes succès que l'Américain IBM, qui est en tête du classement mondial dans la fourniture de solutions complètes. Fujitsu va revoir sa stratégie d'investissement, qui était centrée jusqu'à présent sur les semi-conducteurs, et va désormais l'axer sur les logiciels et services. Les frais de restructuration sont estimés à 300 milliards de yens, ce qui explique l'énorme perte nette de 220 milliards de yens (2 milliards d'euros), la pire de l'histoire de Fujitsu depuis sa création en 1935, prévue pour cette année. Fujitsu n'exclut pas d'autres opérations, notamment des scissions de ses activités disques durs et écrans à cristaux liquides. Hier, le marché a réagi avec enthousiasme aux mesures annoncées, le titre Fujitsu gagnant à Tokyo 34 yens, à 1245.











