André Hanser, son épouse Cécile et leur fils Alain accueilleront les visiteurs le dimanche 26 août à Oberhergheim pour leur faire découvrir l'art de la tabaculture.
PERDUES au milieu de centaines d'hectares de maïs, quelques parcelles de tabac subsistent dans la plaine d'Alsace. Elles sont beaucoup plus nombreuses dans le Bas-Rhin que dans le Haut-Rhin. À Oberhergheim, le GAEC de la famille Hanser exploite le tabac depuis une dizaine d'années, dans un souci de diversification de ses cultures. Même si le maïs reste largement majoritaire, avec une surface de 68 hectares, les 5,8 hectares de tabac occupent une place de choix dans le coeur de cette famille de céréaliers, tout comme les 13 hectares de betterave sucrière.
Du tabac blond, pour répondre au marché
Bien qu'il ne soit pas fumeur, André Hanser est intarissable sur le tabac. C'est le producteur qui parle, pas le consommateur : « La tabaculture constitue un complément intéressant pour un exploitant. Pour nous, c'est pratiquement la dernière culture rentable, à côté du maïs, contrairement à l'orge, au blé, ou au colza. Il permet à de petites exploitations de se maintenir, contrairement au maïs, où il faut faire du volume pour s'en tirer. Nous produisons exclusivement du tabac blond, le plus demandé sur le marché. » La récolte et le séchage des feuilles de tabac débutent à la mi-juillet et se terminent à la mi-septembre. Le maïs prend alors le relais, puis la betterave. La culture du tabac commence par les semis, dès le printemps. « Nous pratiquons la méthode du semis flottant », explique Alain, le fils d'André et Cécile, qui, après ses études agricoles, a rejoint en août 2000 la famille, au sein du GAEC Hanser-Lach. « Les graines sont semées en serre début mars, dans des barquettes perforées, qui reposent sur un lit d'eau. Les plants sont ensuite repiqués en mai. Dans le tabac, tout fonctionne par cycles de 60 jours. Il faut compter 60 jours pour les semis, puis autant pour la pousse et la cueillette. »
Feuille par feuille, à la main
« Le tabac, c'est 800 heures de main d'oeuvre à l'hectare. Pratiquement tout est manuel, surtout pour le tabac blond. C'est notre cas » explique André Hanser. Les feuilles sont cueillies tous les jours, une par une, à la main, en commençant par la base du plant. « Nous utilisons une enjambeuse, un engin agricole qui diminue la pénibilité des tâches manuelles, pour se placer dans le champ et pour charger les feuilles. À chaque passage, on cueille quatre feuilles par plant. Il faut compter cinq passages par plant durant la saison. Fin juillet, avec une machine, nous procédons à l'écimage, qui consiste à couper les fleurs. Pour la période de récolte, nous embauchons sept saisonniers. Le plus important, c'est de cueillir à bonne maturité. La cueillette s'effectue le matin, avant la forte chaleur, pour préserver la qualité de la feuille » ajoute l'exploitant. Une fois cueillies, les feuilles vertes sont séchées dans des fours, contrairement au tabac brun, qui est suspendu en guirlandes et séché à l'air libre, dans des hangars. Les fours, alimentés au gaz, soufflent de l'air chaud, dans une hygrométrie contrôlée. « Il faut que la feuille reste vivante le plus longtemps possible, pour que la chlorophylle se transforme progressivement en amidon. C'est ce qui donnera son goût et sa belle couleur blonde au tabac. Après 48 heures de séchage, la feuille est légèrement réhumidifiée, pour permettre son conditionnement. » Les feuilles séchées sont ensuite triées, en fonction de leur qualité, puis stockées en caisses palettes, avant d'être livrées au centre de collecte de la coopérative, à Benfeld (67).
Dimanche, portes ouvertes à la ferme
« Le tabac est une plante tropicale », relève Alain Hanser. « Elle aime le soleil, a besoin d'eau et demande peu d'azote, surtout le tabac blond. La terre de la plaine d'Alsace, alluvionnaire, se prête bien à cette culture. La nappe phréatique est abondante et peu profonde, ce qui permet une irrigation aisée. » Durant l'été, les tâches d'irrigation occupent une personne à temps plein. Dimanche 26 août, la famille Hanser accueillera le public dans son exploitation, à partir de 11 h, dans le cadre de la fête organisée parallèlement par les préconscrits de la classe 1984-2004 d'Oberhergheim-Biltzheim, qui proposent leur Bibalakas marche. Des repas seront aussi servis sur la place de la Mairie, où les commerçants locaux, le Crédit Mutuel et l'Harmonie municipale apporteront leur contribution à l'animation.
Y ALLER GAEC Hanser-Lach, 88, rue Principale à Oberhergheim (Tél. 03.89.49.44.90). Visite de l'exploitation dimanche 26 août, à partir de 11 h, puis à 16 h ; visite des cultures à 14 h.
La famille Hanser — Cécile, André et Alain — pratique la culture du tabac depuis une dizaine d'années à Oberhergheim. Elle accueillera le public dimanche dans son exploitation.
Photos Jean-Michel Cuenot
Les semis flottants des plants de tabac sont produits sur place.
Le séchage en four. « C'est ce qui donne sa belle couleur blonde au tabac » explique André Hanser.











