Anglaise de tradition, allemande de conception, brésilienne de motorisation : la MINI est une sorte de voiture mondiale. Curieux destin pour cet ex-joyau de la couronne britannique, symbole depuis 1959 de l'excentricité anglaise aujourd'hui promu danseuse du très pragmatique BMW. Danseuse ? Alibi plus sûrement. S'il veut continuer à fabriquer des mécaniques de haut vol, le constructeur munichois sait en effet qu'il doit aussi en proposer des plus petites pour respecter les normes d'émissions imposées par Bruxelles et calculées en moyenne gamme. Mercedes n'a pas fait autrement avec la Smart. Au lancement, en septembre, la MINI sera équipée du bloc essence produit dans un joint-venture brésilien BMW-Chrysler. D'emblée proposé en deux versions, 90 ch (MINI One) et 115 ch (Cooper), ce quatre cylindres 1 600 n'est pas un mauvais bougre, il est même plein de bonne volonté à bas et moyens régimes et ne vibre ni ne bruisse, mais la MINI aurait mérité davantage de caractère et de tempérament. Il est vrai que ce moteur est marié à une boîte mécanique à cinq rapports particulièrement mal étagée et longue dont on se demande si la seule ambition n'est pas d'assurer une consommation instantanée à vitesse constante particulièrement basse. BMW promet moins en moyenne, mais 8 litres semblent réalistes, la Cooper exigeant peu ou prou ce qu'exige la One. D'autres mécaniques sont d'ores et déjà annoncées : le même 1 600 mais suralimenté et porté à 163 ch dans la très sportive Cooper S promise pour l'été 2002 (500 exemplaires disponibles en France) et un groupe diesel injection directe common rail emprunté à la Toyota Yaris courant 2003. Un temps envisagé, le nouveau 1.4 mis au point par PSA et Ford ne rentre pas sous le capot… Egalement annoncée, une transmission automatique CVT à variateur et commande séquentielle à six rapports. Côté carrosserie, rien n'est sûr. Un cabriolet est évoqué avec insistance mais on parle aussi d'un break façon woody (avec du bois sur la carrosserie) voire d'un pick-up, toutes carrosseries empruntées à un moment ou à un autre par la Mini originelle, qu'elles fussent d'usine ou dues au talent de carrossiers particuliers. La géniale anglaise eut en effet le don d'inspirer les préparateurs et notamment un certain… John Cooper, père de la triple victorieuse au Monte Carlo (64, 65, 67). Présentée en 1961, la première Cooper annonçait fièrement… 56 ch, la moitié de l'actuelle mais elle pesait aussi nettement moins lourd (au moins 300 kg de moins !) et pour l'époque, ses performances étaient incroyables. La MINI ne peut en dire autant…
La dernière version de la Mini s'inspirait directement du look ravageur des Cooper de compétition. Ici, la très BCBG version 40e anniversaire.
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