Les 4x4 de loisirs ont la cote. Phénomène sociétal, dira le sociologue, jamais à court d'explications. Nissan s'y colle avec le X-Trail.
T rès curieusement, un des plus grands spécialistes du 4x4, le Nippon Nissan, ne proposait aucun SUV dans sa gamme. Navrante lacune et redoutable manque-à-gagner : le sport utility véhicule a définitivement le vent en poupe et pèse désormais peu ou prou 40 % des immatriculations de 4x4 en Europe, quelque 300 000 exemplaires à l'année. Heureusement, Carlos Ghosn est arrivé et le X-Trail avec lui ! Pas sûr que les deux événements soient intimement liés mais le nouveau 4x4 est bel et bien le premier véhicule Nissan lancé en Europe, issu du plan de redressement conduit par le président (français) du groupe. Ni plus ni moins original que ses rivaux (Toyota RAV4, Suzuki Grand Vitara, Land Rover Freelander…), le X-Trail devrait néanmoins creuser son sillon grâce à quelques particularités bien à lui et, globalement, à un package synthétisant plutôt bien ce qui se fait sur le marché. On pourra toutefois juger le style un peu fade. Plus encombrant que ses rivaux (4,51 m contre 4,25 m pour un Rav4) et disponible en 5 portes seulement, le Nissan est tout naturellement le plus habitable de la catégorie. Parfait pour 4 personnes et leurs bagages (350 litres mini sous tablette, aisément accessibles par un hayon), un peu moins pour circuler en ville mais la perfection n'est pas en ce bas monde et s'il est très urbain de fréquentation, le X-Trail est bien davantage rurbain de vocation. Quelques bons points, pêle-mêle : la qualité générale de fabrication, l'équipement complet sur les deux niveaux de finition (Sport et Luxe), la planche de bord originale (instrumentation centralisée), les sièges arrière réglables individuellement en inclinaison et repliables pour augmenter le volume de la soute, le plancher de ladite soute entièrement recouvert d'un matériau en résine plastique lavable à grande eau. Bien entendu, les inévitables porte gobelets sont de service, deux d'entre eux étant même… réfrigérés !
Le X-Trail est assurément un des meilleurs SUV, sur la route comme en dehors
Côté technique, le X-Trail tient beaucoup de l'Almera dont il reprend, en les adaptant, la plate-forme et les mécaniques. Pas de châssis séparé en échelle façon 4x4 pur et dur, mais une structure monocoque dûment renforcée et rigidifiée avec sous-châssis avant/arrière et trains roulants « mixtes » route/TT (quatre roues indépendantes). Une curiosité : en compression, les moyeux arrière reculent au lieu d'avancer pour officiellement « minimiser l'impact des pneus et introduire une bonne souplesse sur tous les types de terrain ». Ce doit être vrai : le X-Trail est assurément un des meilleurs compromis confort-efficacité du marché 4x4 tant sur route qu'en tout chemins. Pour exploiter ce potentiel, Nissan a repris, en l'adaptant, la transmission très sophistiquée de la… sportive Skyline GT-R. Trois positions : 4x2 avec transmission naturelle aux roues avant et transfert du couple vers l'essieu arrière en cas de besoin ; 4x4 permanent (Auto) avec répartition automatique du couple avant/arrière via un coupleur central ; 4x4 permanent avec blocage du couple 57/43 par verrouillage du coupleur central (Lock) pour évolution difficile dans la boue ou sur la neige. Le passage de Lock à Auto est automatique à partir de 30 kmh. Pour épauler le tout, Nissan a prévu en option sur la motorisation essence un régulateur de stabilité ESP fonctionnant en symbiose avec le différentiel à glissement limité, l'antipatinage et l'ABS (épaulé d'un dispositif d'assistance d'urgence et d'un répartiteur). Compte tenu du couple supérieur (270 Nm à 2000 tmn contre 192 Nm à 4000 tmn), on se demande bien pourquoi ces béquilles électroniques fort efficaces ne sont pas proposées sur le moteur diesel. Au bilan, l'ensemble est très efficace car particulièrement réactif mais insuffisant toutefois pour le tout-terrain faute d'une gamme de rapports courts. Il est vrai que le X-TRail n'est pas le Terrano 2… Deux moteurs seront disponibles au lancement : un deux litres essence à distribution variable de 140 ch et le 2.2 turbodiesel injection directe de l'Almera Tino converti à la rampe commune et porté à 114 ch. On optera volontiers pour le second, plus vibrant et moins discret, mais plus agréable à vivre, bien plus moelleux et très nettement plus sobre (8 litres contre 10 litres). Nissan a choisi de le marier à une nouvelle boîte mécanique à 6 rapports correctement étagée mais parfois un peu rugueuse. Le deux litres essence double arbre est disponible avec une boîte manuelle à 5 rapports ou automatique 4 rapports. Dommage que ce dispositif automatique ne profite pas au diesel. Disponible à la rentrée, le Nissan X-Trail sera affiché de 157 900 F pour une version essence Sport privée de climatisation à 179 900 F pour le 2.2 VDi Luxe. Un ticket d'entrée assez élevé, mais la concurrence n'est guère mieux disante. Nissan France serait toutefois bien inspiré d'envisager une version diesel basique…
Assez peu original mais bien fait, le NIssan X-Trail rejoint d'entrée de jeu le haut de gamme des SUV. Il est vrai qu'il a pris son temps pour débarquer en Europe…
DR
La principale originalité de style est dedans: la planche de bord avec instrumentation centrale. Pas mal vu d'autant que la qualité des matériaux est bonne.











