En contraste complet avec les discussions diplomatiques, qui finissent toujours par l'annonce d'une période-test d'accalmie, le conflit israélo-arabe connaît une escalade des affrontements armés qui ravive le sepctre d'une large confrontation militaire. Au cours du week-end, les hostilités à la frontière israélo-libanaise, impliquant plus ou moins directement la Syrie, se sont aggravées, tandis que le très relatif «cessez-le-feu» israélo-palestinien est apparu hier plus fragile que jamais. La tension est en effet montée, lundi, entre Israël et les Palestiniens, avec la liquidation par l'armée israélienne de trois militants du Jihad islamique, accusé par l'État hébreu d'avoir préparé un attentat. Mais malgré les mesures de sécurité, un double attentat à la voiture piégée a été commis hier près de Tel-Aviv - il n'a pas fait de victime - tandis qu'un civil israélien était tué dans le nord de la Cisjordanie.
Avertissement tous azimuts
Si la frontière avec le Liban est restée calme hier, après trois jours d'attaques réciproques, Israël a néanmoins fait passer un message de fermeté. « Après s'être conformé à la résolution 425 des Nations unies nous demandant un retrait complet du Liban, Israël n'est pas prêt à laisser passer ces attaques sans réaction », a déclaré le porte-parole gouvernemental Avi Pazner, en référence au retrait militaire unilatéral effectué en mai 2000 par Israël, qui avait mis fin à 22 années d'occupation. Mais si l'ONU appuie la position israélienne, le Hezbollah chiite estime que ce retrait n'est complet, Israël tenant toujours la région des fermes de Chebaa, revendiquée par le Liban. M. Pazner a également clairement inclus la Syrie dans l'avertissement israélien : « Il ne se passe rien au Liban, et certainement pas au Liban sud, sans l'aval des Syriens ». Le 16 avril déjà, des avions de combat israéliens avaient détruit une station radar syrienne au Liban, tuant un soldat syrien. À nouveau, un radar syrien a été attaqué vendredi dernier, en riposte à des tirs venus du territoire libanais, mais le Hezbollah a répliqué cette fois en visant une installation analogue d'Israël, tirant 80 obus et roquettes. Et s'attirant de nouveaux bombardements israéliens, dimanche.
Le « ventre mou »
La presse israélienne craignait, hier, qu'un cycle de représailles n'ait été enclenché, spéculant simplement sur la forme qu'elles prendraient. Personne en Israël ne s'attend à une riposte militaire de la Syrie, compte tenu de son énorme infériorité dans ce domaine par rapport à Israël. Mais, « il est plus que probable que la réplique syrienne se produira contre le 'ventre mou' d'Israël, à savoir des attaques terroristes dans les territoires » palestiniens ou en Israël même, « voire contre des cibles israéliennes à l'étranger », a averti le Yediot Aharonot, le plus grand quotidien du pays. Depuis le début de l'Intifada, les autorités israéliennes font état d'une présence croissante du Hezbollah dans les territoires palestiniens, où il jouit d'un grand prestige à la suite du retrait de l'armée israélienne du sud du Liban. Mais, « si besoin est, nous répondrons sur deux fronts », a averti M. Pazner.
Les Palestiniens ont orné de portraits et de fleurs la carcasse calcinée de la voiture pulvérisée par un hélicoptère israélien, dans laquelle sont morts trois activistes.
AFP











