L'été s'annonce chaud. Pas trop chaud pour travailler pourtant. A l'image de ces jeunes qui trouvent dans les jobs d'été le moyen de financer petites envies et menus plaisirs.
GILBERT B aehr est plutôt satisfait des travailleurs de l'été. « Enfin, de ceux avec lesquels j'ai travaillé jusqu'à présent. Ceux-là ne sont arrivés que ce matin (Ndlr : ce lundi 2 juillet). Mais cela s'est toujours bien passé. J'ai toujours pu compter sur eux ». Hier matin, Mohamed Anbar, élève au lycée Jean-Jacques Henner ; Stéphane Miranda, en attente des résultats du Bac ES qu'il vient de passer et Mohamed Mezhour, élève au LEP, ont intégré l'équipe qui travaille actuellement à l'école des Tuileries, sous la direction de Gilbert Baehr, contremaître à la Ville d'Altkirch. Avec Michel Kutter, le concierge des quatre écoles d'Altkirch, ils ont entrepris de vider l'aile droite de l'école et le grenier, qui vont bénéficier de travaux de rénovation au cours de l'été.
On est content d'avoir un travail et de gagner un peu d'argent
Ici, le travail n'est pas de tout repos. Les biscotaux sont soumis à rude épreuve. Une aubaine tout de même. Esprit d'équipe et bon sens sont également nécessaires. Mais Gilbert Baehr veille au grain, surveille, conseille et ordonne. C'est que descendre une armoire n'est pas chose aisée. Il ne faut pas l'abîmer. Et éviter les accidents dans les escaliers. Les trois adolescents, tous âgés de 17 ans, travaillent pour la première fois pour le compte de la Ville d'Altkirch. Et chacun a déjà sa petite idée sur la manière dont il va investir son pécule. Les deux Mohamed veulent se payer le permis de conduire. « Enfin, du moins une partie… ». Quant à Stéphane, il financera ses vacances. Une virée, en train, dans le Bordelais avec cinq copains. Trois semaines de travail suffiront-elles pour financer ces rêves ? Ils n'en savent rien. Ils n'ont même pas demandé ce qu'ils allaient toucher. « On a posé notre candidature par lettre auprès de la mairie. Puis on a été embauché, pour trois semaines jusqu'au 20 juillet ». Stéphane s'était renseigné auprès d'un copain qui avait déjà fait le même travail. « Il a gagné entre 3 000 et 4 000 F. Je ne sais pas très bien ». Quant aux deux Mohamed, ils n'ont même pas cherché à savoir. « On est content d'avoir un travail et de gagner un peu d'argent. Qu'importe le montant ». Chaque matin, les trois gaillards commencent leur travail à 7 h. Ce qui écarte toute possibilité de grasse matinée. « Lorsqu'on va à l'école, il faut aussi qu'on se lève. Alors… ». Mais malgré l'heure relativement matinale à laquelle les appellera leur boulot, ils ne renonceront pas à se faire une petite brigue de temps en temps. « C'est clair ». C'est cela aussi l'été. Et après tout, le travail, c'est la santé. Surtout après une folle soirée.
Dur, dur ! C'est qu'elle est lourde l'armoire.
Nicole Grentzinger











