Le bâtiment détruit hier est une des plus belles réalisations du courant architectural helvétique du XIXe siècle. Les manufacturiers de Wesserling ont toujours encouragé la culture et l'élevage, en complément de ressources de leurs salariés. C'est donc bien pour s'approvisionner en produits frais que la communauté de cadres non agriculteurs restructure le domaine en 1862. Jean Gaspard Roman construit alors une ferme autonome et bien distincte du reste du parc sur un terrain appartenant à son père. L'étable, située près du château, sera transformée ultérieurement en écurie. L'élevage sert également à la manufacture. À la fin du XIXe siècle, Jacques Gros réorganise la manufacture. La rentabilité de la ferme est remise en cause. D'autres circuits de distribution sont mis en place et une production locale n'a plus lieu d'être. Au début du XXe siècle, les fermiers n'assurent plus que des prestations pour la manufacture tels que le transport des déchets d'usine à la décharge, l'approvisionnement en combustible ou le ramassage des ordures ménagères. Côté architecture, la ferme de Wesserling, édifiée deux siècles après le pavillon de chasse du Prince Abbé, est la dernière étape d'un système basé sur la subsistance et l'autarcie et à ce titre, elle résume à elle seule plusieurs siècles d'histoire. Elle est en plus une des plus belles réalisations du courant architectural helvétique du milieu du XXe siècle qui témoigne de la part prépondérante prise par les cantons suisses dans le développement de la Haute Alsace. La ferme de Wesserling comporte, sur une cave voûtée en pierre, un rez-de-chaussée maçonné et un étage en structure et bardage bois. La toiture est à faible pente et longs débords. La couverture en état d'origine était constituée des premières tuiles mécaniques fabriquées en Haute Alsace. La charpente rappelle celle des bâtiments industriels de l'époque et les décorations finement ciselées sont rapportées en trompe-l'oeil. De même, la porte-fenêtre de la façade rue n'est qu'une illusion architecturale puisqu'elle possède une allège fermée à l'intérieur. Le survitrage est d'origine. Abandonné par le dernier agriculteur, le bâtiment a été racheté par le conseil général en 1982. Mais il lui faudra encore attendre avant qu'un véritable projet ne soit mis en place il y a trois ans.











