Tristesse et consternation à Wesserling : le « Chalet » de la ferme, l'un des fleurons du patrimoine local, a été détruit par un incendie aux causes encore inconnues. Les gendarmes privilégient néanmoins la piste criminelle.
UNE VRAIE catastrophe. La vallée de Saint-Amarin a perdu hier l'un des fleurons de son patrimoine : le « Chalet » de la ferme de Wesserling, inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, a été dévoré par un brutal incendie. Les yeux pleins de larmes, les habitants d'Husseren-Wesserling et les ouvriers de l'usine ont assisté impuissants au sinistre. Les plus âgés se souvenaient à haute voix l'époque où ils allaient y chercher leur lait. C'est hier matin vers 7 h que l'alerte a été donnée : une grosse fumée noire est sortie de la ferme, puis les flammes ont jailli de partout. Malgré l'intervention des pompiers, toiture rénovée, boiseries, et escaliers finement travaillés sont partis en fumée. Le grand bâtiment de la ferme de Wesserling, pièce importante du patrimoine de la vallée, construit en bois, a presque entièrement brûlé dans un monumental panache de fumée. Si la ferme n'a pas été entièrement détruite, le plus précieux a disparu. Les dégâts sont considérables. Heureusement, le deuxième bâtiment, la grande étable, a été épargné. Le conseiller général François Tacquard, rapidement sur les lieux, s'est dit horrifié par le spectacle de désolation : « C'est d'autant plus incompréhensible que nous avions fait faire une dalle de béton et qu'il n'y avait pas l'électricité. Je suis passé sur le chantier avec mon épouse hier (Ndlr: dimanche) vers 18 h. Tout était propre, rangé, bref vraiment rien qui puisse prendre feu. Le dommage est énorme et il faudra une enquête pour connaître les causes du sinistre ». L'adjudant de gendarmerie Jalbert, sur place avec ses hommes, a d'ailleurs diligenté une enquête. Celle-ci privilégie la piste criminelle: les gendarmes de Fellering lancent d'ailleurs un appel à témoins (téléphone: 03.89.82.60.33.) Mais en attendant, l'heure est à la consternation. Les plus atterrés étaient sans conteste les membres de l'association Agriculture et Paysage, qui devaient emménager dans la ferme au printemps 2002. « On a un peu la gueule de bois, commentait tristement Olivier Claude, chargé de mission auprès d'Agriculture et Paysage. Cela fait trois ans qu'on investit toute notre énergie dans la réhabilitation de cette ferme.
Nous ne baisserons pas les bras
On devait y installer nos bureaux, mais aussi un centre de promotion et de valorisation de l'agriculture de montagne. Il devait y avoir un magasin collectif des agriculteurs, une salle de restauration pour mettre en valeur les produits du terroir. Un projet d'un coût de 6 millions de francs. Quand je pense que ce chalet est resté des années à l'abandon et qu'il ne lui est jamais rien arrivé, et voilà qu'il suffit qu'on le rénove pour qu'il brûle ! Mais nous ne baisserons pas les bras. Le bâtiment est propriété du conseil général, qui est bien assuré. Nous le reconstruirons à l'identique ». Reste que le projet de centre de promotion va prendre -au bas-mot- de longs mois de retard. Même tristesse au musée du textile voisin. Pour ce dernier, qui prépare l'inauguration de sa nouvelle exposition « Textiles du futur », la fête aura un goût de cendres. Il a appelé hier la population « à nous encourager en venant voir cette exposition à partir du 20 mai. Nous avons besoin de cette solidarité afin que le musée et le parc continuent à vivre ».
Inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, le bâtiment s'est embrasé hier matin.
Patrice Tschirret











