Marcel Marceau a ressuscité l'art du mime. Célèbre depuis cinquante ans dans le monde entier, il a su redonner vie au travers notamment de son personnage « Bip », héritier de Pierrot et de Charlie Chaplin à une forme d'expression qui remonte à l'antiquité. Mime tendre et poétique, ou bien drôle et cruel, mais toujours parfait dans la forme et d'un classicisme rigoureux. Cette tradition est celle des centaines de mimes à qui Marceau a servi d'inspirateur aux quatre coins du monde. Elle est surtout celle des élèves qu'il a personnellement formés, et qui constituent aujourd'hui sa propre compagnie. Mais parfois les élèves aiment faire l'école buissonnière... A l'image de ces musiciens classiques qui se réunissent dans une cave pour se lâcher autour d'un thème de jazz, les jeunes mimes de la Nouvelle Compagnie de Mimodrame Marcel Marceau explorent aussi de nouveaux chemins... C'est là la vocation de l'atelier de recherche de la compagnie. Forts de la tradition qu'ils portent en eux, jouissant de la maîtrise inégalée procurée par leurs années d'études et de travail auprès de Marcel Marceau, ces artistes mimes aiment parfois brouiller les pistes. « Materia Prima » qu'ils présentent aujourd'hui est l'oeuvre d'un metteur en scène péruvien, Carlos Cueva, qui ne vient pas du mime. Son univers semble aussi loin que possible de celui de Marcel Marceau. C'est celui de la matière brute, de l'antithéâtralité. Son monde c'est celui de la rue, de l'ordinaire. Des murs sales, des ruines qui pourraient être celles des faubourgs de Lima ou de Pompéi. Des personnages devenus objets, répétant sans fin les gestes de la vie quotidienne jusqu'à atteindre une forme de perfection abstraite, les gestes de la vie quotidienne. Tantôt victimes, tantôt bourreaux, caressés, manipulés, acteurs-automates d'un monde qu'ils ne dominent pas. Carlos Cueva mélange dans cette oeuvre, le mime, la musique, la danse et le théâtre. Très marqué par Kantor et le théâtre asiatique, il a travaillé avec Eugenio Barba, Jerzy Grotwski et Kazuo Ohno.
Y ALLER Au Scala - 96, route du Polygone à Strasbourg-Neudorf. du 24 au 28 avril, à 20 h 30, le 29 avril à 15 h. Entrée : 70 F, réduit 50 F.











