En ajoutant un demi carénage à son roadster ZR-7, Kawasaki transforme sa moto la plus vendue en 2000 en routière sympa.
C'EST FOU ce que parfois un petit rien peut vous habiller. La ZR 7 affublée de son demi carénage (et donc du sigle S), ce n'est tout simplement plus la même moto. Le roadster « naked » devient d'un coup de baguette presque magique (le prix grimpe de 3000 F) une petite routière bourgeoise mais délurée. Ce carénage tête-de-fourche est particulièrement bien fichu, bien intégré à la ligne de la moto et offre une belle protection que nous avons largement testée ! Durant tout l'essai de la moto, il a fait froid et a plu sans discontinuer… Malgré tout, cet ajout ne suffit normalement pas à transformer une sorcière des villes en une fée au long cours. Mais miss Kawa a d'autres atouts, dont une béquille centrale, une selle particulièrement confortable, une position de conduite très agréable, un moteur souple, un freinage progressif et des amortisseurs relativement souples. Si l'on ajoute un quatre cylindres en ligne à carburateurs et refroidissement à air largement éprouvé, on imagine bien cette moto rallongée d'un bon top case vous emmener au bout de vos rêves, sans vous ruiner ni les reins ni le compte en banque. L'autre atout de cette moto dans sa catégorie de prix (45 990 F) qui compte des Yamaha 600 Fazer, Suzuki 600 Bandit et SV 650 S, Honda 600 Hornet… est de proposer une centaine de centimètres cubes bienvenus pour les grands trajets sur autoroute. On peut quand même regretter un cinquième rapport un peu court pour naviguer très vite sans fatiguer le moteur. Ce 750 au look « années 80 » et au bruit rauque est souple mais jamais méchant sous 4000 tours. Ensuite, il se réveille et se met à pousser avec une belle franchise, sans que la partie cycle ne menace de rendre la main. Les conditions météo n'ont pas - et de loin - permis de cravacher la moto, mais ont eu au moins le mérite de prouver la facilité d'utilisation de cette ZR7-S dans des conditions épouvantables. Une mention particulière est à décerner au freinage, extrêmement sécurisant sous le déluge, ce qui dans l'Est est souvent préférable à des étriers GP « réplica » aussi casse-gueule qu'inutiles entre deux épingles vosgiennes bien grasses. Facile pour rouler tous les jours et accueillante pour filer vers d'autres horizons, cette moto ne pêche finalement que par un manque d'image et une boîte un peu courte. C'est donc un choix plus raisonnable que passionnel, pour rouler tous les jours et par tous les temps. Bref un roadster embourgeoisé !
La nouveauté 2001 est l'ajout d'une tête de fourche particulièrement efficace.
Photos Daniel Schmitt
Le tableau de bord est lisible et esthétique.











