À nouveau parfaitement organisé par l'AS Cheminots Mulhouse, le G.P. des Meubles Rapp-Atlas a connu un joli succès, dimanche.
S'IL Y A DES DIRIGEANTS sportifs particulièrement méritants, ce sont bien ceux qui s'occupent du cyclisme sur route au niveau régional. Totalement bénévoles, au contraire de ceux qui oeuvrent au Tour de France et dans les grandes épreuves internationales, ils sont confrontés à une multitude de problèmes et à une foule de difficultés telles que l'on ne peut que leur tirer un grand coup de chapeau quand tout se passe bien et que la réussite sportive est au rendez-vous. Pour organiser une épreuve comme le G.P. des Meubles Rapp-Atlas, par exemple, le président de l'AS Cheminots de Mulhouse Jean-Pierre Phan et son équipe s'investissent de longs mois avant. « Les premières démarches se font en juillet/août de l'année précédente, révèle-t-il. Il faut inscrire l'épreuve au calendrier national, mais ce n'est pas grand-chose comme formalité. Le vrai travail commence en novembre, époque à laquelle nous faisons une préreconnaissance du parcours. Même si notre itinéraire ne change pas beaucoup d'une année sur l'autre, il y a toujours des surprises possibles, tel de nouveaux ronds points ou autres obstacles qui fleurissent de nos jours sur la chaussée. On essaye toujours de les éviter au maximum, pour la sécurité des coureurs. Puis, entre mi-décembre et mi-janvier, commence la grande paperasserie… » C'est qu'on n'obtient plus les autorisations si facilement, pour une course en ligne qui coupe (forcément) quelques voies à grande circulation, avec tous les bouchons que cela entraîne.
Bonjour les bouchons
« Cette année, nous avons bénéficié de la présence de quatre gendarmes motorisés pour toute l'épreuve et j'en ai compté seize autres en faction aux différents carrefours. C'est un effort que nous apprécions énormément. Surtout que dans la convention que nous avions signée, il n'était question que de douze d'entre eux. » A ces services d'ordre officiel s'ajoutent ceux, complémentaires et bénévoles, sans lesquels rien ne serait possible, ni d'ailleurs autorisé. « Douze motards civils complétaient la protection des coureurs et un autre était affecté à la caravane publicitaire, dévoile Jean-Pierre Phan. Nous avions aussi quelques signaleurs, membres ou tout simplement amis du club. En tout, une vingtaine de dirigeants étaient ainsi sur la brèche. Et il ne faut pas oublier la collaboration de l'AC Thann qui, sous la houlette de Josiane Faffa, a organisé la réunion d'attente pour les jeunes, la mini-Rapp. » Une famille Rapp qui est à la base de cette belle manifestation sportive depuis 36 ans maintenant, avec une fidélité exemplaire. « Paul Rapp, qui est désormais à la retraite, et son frère Pierre entretiennent avec des nous des relations d'une grande cordialité, dit le président de l'ASC Mulhouse. Et comme ils tiennent à ce que leurs fils soient présents lors de nos réunions, j'ai bon espoir pour la pérennité de notre partenariat. » Un partenariat d'autant plus précieux que les courses en ligne tel que ce G.P. des Meubles Rapp-Atlas sont devenues l'exception, dans le contexte cycliste régional. « Nous la maintiendrons ainsi, avec son passage à Waldighoffen, d'où est originaire la famille Rapp, tant que cela sera possible, annonce Jean-Pierre Phan. Tant que les services d'ordre seront avec nous, en fait. Cette fois encore, ils nous ont félicités pour notre bon travail. Mais on est conscient que de nos jours, il ne serait plus possible de créer l'épreuve telle qu'elle se déroule actuellement. » Il y a 36 ans, il n'y avait pas beaucoup de circulation, le dimanche après-midi, au carrefour, devant le magasin Atlas, seul sur la place. Et les coureurs pouvaient arriver du centre de Kingersheim sans le moindre problème. Aujourd'hui, tout a changé. Quant à une éventuelle 72e édition, si cette course dure encore ce qu'elle a déjà duré, il vaut sans doute mieux ne pas y penser !
Dominé par les Dijonnais, le 36e G.P. des Meubles Rapp-Atlas a aussi mis en valeur quelques Alsaciens comme Yvan Boos (Lutterbach), Thomas Meyer (Haguenau), Éric Steinbrucker (ASPTT Mulhouse) et son coéquipier Francis Mourey (ci-contre), vainqueur du sprint du premier peloton.
Darek Szuster











