Peugeot Citroën a inauguré à Belchamp sa « piste synthèse comportement ». On y testera les systèmes d'assistance à la conduite dans les conditions extrêmes.
CE N'EST PAS TOUS LES JOURS que l'on peut entrer dans le centre d'essais de Belchamp (à quelques kilomètres au sud-est de Montbéliard-Sochaux), où sont testés les prototypes et les équipements des véhicules de la marque au lion. Vendredi, lors de la présentation de la nouvelle «piste synthèse comportement», le site était ouvert à des personnalités telles Pierre Moscovici, ministre-délégué aux Affaires européennes et Michel Dreyfus-Schmitt, sénateur du Territoire de Belfort. Cette piste, qui a coûté 42 millions de francs, permettra de progresser dans le domaine de la sécurité active, comme l'a souligné Jean-Louis Silvant, directeur des plateformes d'Automobiles Peugeot.
Pavés de verre
Cet outil offrira la possibilité de faire la synthèse d'équipements d'assistance à la conduite du type ABS, ESP, REF (répartition électronique de freinage). Il permettra à Automobiles Peugeot de «rester parmi les meilleurs constructeurs automobiles en terme de comportement routier» et d'améliorer encore son savoir-faire dans le domaine des liaisons au sol, de la tenue de route, de la sécurité passive et active. Ce projet de construction d'une piste synthèse comportement remonte à quelques années. Le premier coup de pelle date de l'hiver 1999. Un vaste chantier de déboisement, puis de reboisement a été mené sur le site, qui se situe à la fois sur Voujeaucourt et Valentigney, à quelques kilomètres de Sochaux-Montbéliard. En mars dernier a débuté le gros oeuvre, véritable «défi technique», l'installation des revêtements tests. 2,16 kilomètres de piste sèche ont été réalisés et, plus difficile à mettre en oeuvre, 1,8 kilomètre de piste mouillée. Dans les courbes ont été posés des pavés en verre afin de créer les conditions de conduite d'une route départementale enneigée. Un système d'arrosage, qui recouvre la chaussée d'une nappe d'eau d'épaisseur constante (entre 0,8 et 1 mm), transforme la piste en une redoutable patinoire.
Sherpa, le simulateur
L'eau d'arrosage est recueillie et stockée dans un bassin de 430 m3. Un local technique abrite les pompes, le dispositif de filtration et les installations électriques. L'ensemble de cette réalisation a été réalisé avec l'aide de Sherpa, simulateur de conduite d'Automobiles Peugeot. La piste multi-adhérence permet de faire du roulage à la limite et du roulage sur sol mouillé. «Les tracés des deux circuits offrent une grande variété de virages et d'enchaînements, écrit PSA dans un communiqué, et constituent une véritable synthèse des conditions d'utilisation d'un véhicule. Ils comportent en particulier deux virages ayant une adhérence différente entre l'intérieur et l'extérieur, situation à l'origine de nombreux accidents». Le centre technique de Belchamp devient, de ce fait, «le site de référence du groupe PSA Peugeot-Citroën pour la sécurité active et la mise au point de systèmes d'assistance et à la conduite ABS et ESP». Le centre d'essais de Belchamp a été ouvert en 1962. Il emploie 1200 personnes dont 380 pour les pistes. 30 kilomètres de pistes d'essais ont été aménagé sur les 430 ha de son emprise. L'an passé, les essayeurs ont effectué 12 millions de kilomètres. Que les petits curieux ne se fassent pas d'illusion, si la nouvelle piste est visible aujourd'hui, elle sera dans l'avenir masquée par la végétation. On ne badine pas avec la confidentialité à Belchamp.
La nouvelle piste de Belchamp simule les conditions d'adhérence d'une départementale verglacée.
Jacques Balthazard











