Le bilan de la campagne « Frapper fort » organisée par les autorités chinoises pour lutter contre la criminalité dépasse désormais les 350 exécutions, selon un calcul effectué hier à partir des différents décomptes publiés par les journaux locaux. Selon plusieurs journaux reçus à Pékin, une centaine de condamnés ont été passés par les armes la semaine dernière dans l'ensemble du pays. Ces exécutions viennent s'ajouter aux 250 déjà rapportées par la presse officielle dans le cadre de la campagne lancée au début du mois. Le nombre réel d'exécutions pourrait être beaucoup plus élevé, plusieurs journaux locaux faisant état d'exécutions collectives sans préciser le nombre exact des suppliciés. En plus des exécutions déjà annoncées ces derniers jours, le bilan pour la seule journée de vendredi se monte à au moins 206 morts, soit plus que le « record » de 89 exécutions du 11 avril. Selon Amnesty International, au moins 1263 exécutions ont été enregistrées en Chine en 1999 et 2088 condamnations à mort ont été prononcées. La Chine, qui ne fournit aucune statistique officielle sur la peine capitale, exécute plus de condamnés à mort que le reste du monde cumulé. Les condamnés sont en général tués d'une balle dans la nuque. Dirigée initialement contre les bandes mafieuses, la campagne « Frapper fort » semble viser désormais un vaste éventail de criminels : meurtres, pillages, vols, enlèvements et meurtre d'enfants... Le régime chinois a justifié le lancement de la campagne par une récente recrudescence de la criminalité. Selon des statistiques officielles, la criminalité a augmenté de 50 % l'an dernier par rapport à 1999, tandis que les affaires impliquant le crime organisé ou la mafia ont été multipliées par 7.











