Deux Églises catholiques coexistent en Chine. L'une « patriotique », qui a fait allégeance aux autorités chinoises, compte environ 4 millions de fidèles et ne reconnaît pas l'autorité du pape, tandis que l'autre, clandestine, restée fidèle au Saint-Siège, est vivement combattue par le régime : c'est l'Église catholique « du silence ». Selon la Fondation du Cardinal Kung, une association de défense de la religion chrétienne en Chine, basée aux États-Unis, la police a interpellé l'évêque Shi Enxiang, 79 ans, du diocèse de Yixiang, dans la province du Hebei (nord). L'arrestation de l'évêque a été aussitôt démentie par un porte-parole de la police locale, qui a néanmoins reconnu que la police le recherchait depuis 1996. L'évêque officiel de Baoding a pour sa part démenti les « persécutions » dont aurait fait l'objet son homologue clandestin, évoquant «seulement» une tentative d'«éducation». Consacré évêque en 1982, après avoir passé 30 années en prison, Mgr Shi avait à nouveau été détenu entre 1990 et 1993, avant d'échapper à une nouvelle arrestation en 1996. Il se cachait depuis cette date, selon la Fondation Kung. La Fondation a par ailleurs rapporté que quatre autres personnalités de l'église clandestine avaient été interpellées juste avant Pâques, en plusieurs endroits de Chine : à Baoding notamment, le père Lu Genjun a été arrêté et immédiatement condamné à trois ans de rééducation par le travail. Un autre prêtre de l'Église du silence, dénommé Yin, a pour sa part été condamné récemment à trois ans de camp de travail après avoir été arrêté dans la province du Hebei en janvier dernier.
Dix évêques emprisonnés
L'arrestation de Mgr Shi, qui survient six mois après celle de Mgr Zeng Jingmu, 81 ans, évêque de Yujiang, dans la province du Fujian, porte à une dizaine le nombre d'évêques actuellement détenus en Chine. Parallèlement à la lutte sans merci engagée depuis deux ans contre la secte d'inspiration bouddhiste Falungong, les autorités chinoises ont également fortement durci leur attitude face aux activités des églises chrétiennes clandestines tant protestantes que catholiques. Près de 1200 édifices religieux ont ainsi été détruits dans la seule province du Zhejiang (est) en l'espace d'un an, tandis que les interpellations de fidèles se sont multipliées à travers le pays. Aux protestations des États-Unis et des autres pays occidentaux, Pékin répond régulièrement qu'il s'agit d'une « ingérence dans ses affaires intérieures » et que Pékin protège la liberté de croyance de ses citoyens ainsi que leurs activités religieuses « légales ».











