L'usine Freistadtl de Gunsbach est quasiment vide, les comptes des salariés aussi.
« Si les salariés ne sont pas payés ce mardi à 14 h 15, nous bloquerons l'entrée de Munster », a déclaré hier un délégué syndical. A Gunsbach les 71 salariés de Freistatdl France SA veulent être payés. Sans revenu depuis début mars, ils ont adressé hier un ultimatum au cabinet de maître Anny Harquet, représentant des créanciers de l'entreprise depuis qu'elle a été mise en redressement judiciaire, le 3 avril (voir «L'Alsace» des vendredi 20 et dimanche 22 avril). Une réunion extraordinaire du personnel a eu lieu hier elle a rassemblé dans sa presque totalité les salariés, qui ont décidé ensemble de fixer les termes de l'ultimatum. Robert Papai, délégué syndical régional textile Force ouvrière, a déclaré: « Les salariés ne peuvent plus attendre ». Au cabinet d'Anny Harquet, on refuse de porter la responsabilité du retard de paiement. « Nous n'avons pas reçu le virement que doit effectuer l'assurance-garantie des salaires. Tant que nous n'avons pas l'argent , nous ne pouvons pas effectuer le paiement ». Le virement aurait été effectué le 18 avril, selon Hervé Nicolas, agent de l'assurance-garantie, chargé du département du Haut-Rhin. Le décalage ne serait dû qu'au « transfert interbancaire».
« Les salariés vont être payés, c'est sûr, et ils devraient l'être dès mardi », se voulait rassurante Dominique Bascoul, chef du bureau de l'accès économique et de l'emploi à la préfecture. Elle a garanti hier aux salariés de « faire aboutir la procédure » et de les « tenir au courant » ce matin même. « Si l'argent arrive sur le compte, les chèques seront faits dans l'instant ». Des paroles qui ne sont plus suffisantes pour les employés qui sont dans la sinistrose. Malgré trois possibilités de reprise hypothétiques, leur filature de viscose pourrait être placée en liquidation judiciaire dès le 3 mai. Freistadl France, installée à Gunsbach depuis plus de 10 ans, a cessé sa production depuis quasiment trois semaines. La matière première n'est plus livrée par des fournisseurs qui ne sont plus payés. En attendant d'en savoir plus sur leur avenir, les salariés ne souhaitent qu'une chose : l'argent. Leur argent.
Quelques ouvriers utilisent encore les derniers stocks de matière première...











