

Développements

Dessinateur
et scénariste
Uderzo
reconnaît volontiers aujourd'hui que l'écriture d'une aventure lui
apporte plus de plaisir que le dessin qui l'a pourtant élevé
jusqu'au capitole des maîtres de la bande dessinée. Il explique tout
simplement ce changement: «Je dessine depuis cinquante ans et j'écris
depuis vingt ans». Le jeune scénariste prend beaucoup de plaisir à
faire «buller» son esprit entre humour et poésie et «les rails»
des grands thèmes imposés dont «les bagarres». Textes:
Raymond Couraud
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Le
retour d'
Rien à voir avec Giuseppe
Verdix, mais la dernière aventure d'Astérix porte le nom de la plus
célèbre création du compositeur: Latraviata. Une façon de mettre
l'opus à l'oreille de tous les fans de l'opéra de papier, né voici
plus de 40 ans.
Personne,
pas même le plus petit village perdu sur un promontoire au bout du
bout d'un pays quelconque et peuplé d'irréductibles habitants ne
saura échapper à la dernière aventure d'Astérix. Le héros gaulois
fait mieux que César, Napoléon et quelques autres amateurs de conquêtes.
La terre entière s'apprête à plonger dans les librairies pour acquérir
le 31e volume de la saga du petit bonhomme, né en 1959. L'opération
a été menée avec une incroyable stratégie qui prouve qu'en ce
domaine la France peut faire aussi bien que les Américains. Stephen
King ou Harry Potter n'ont qu'à bien se tenir, la furia gauloise est
sur le point de faire ce que tous les éditeurs unanimes et néanmoins
jaloux appellent déjà «le coup de l'année». Le secret de
l'histoire n'a pas filtré. Les pires bassesses n'ont servi à rien.
Hormis quelques vignettes âprement négociées et publiées ça et là
qui ont donné un léger avant-goût aux amateurs, on ignore quasiment
tout de l'intrigue. Le titre donne une vague idée de la féminisation
de l'album. De là à dire qu'Astérix est tombé paritaire en cette période
électorale, il y a un grand pas que nos caligas refusent de franchir
par crainte de chuter.
Uderzo
se méfie d'ailleurs beaucoup des révolutions et il n'a aucunement
l'intention de se hasarder dans les profondes forêts de l'inconnu. «Mes
lecteurs ont horreur de ça», confie-t-il. «Je reçois des lettres
de reproches dès que je m'éloigne de la philosophie des albums».
Ainsi, il est hors de question d'oublier la présence des pirates dans
un seul ouvrage. Une seule vignette suffit pour rassurer leurs
inconditionnels. De même, rappelle-t-il, «lorsque j'avais organisé
le banquet de la fin du Fils d'Astérix sur la galère de Cléopâtre,
on m'a beaucoup reproché cette entorse à la tradition». On l'a
compris, Astérix a le droit d'avoir des millésimes un peu plus corsés
que d'autres, mais il doit garder son architecture, ses habitudes et
ne surtout pas dérouter les millions de lecteurs qui s'abreuvent à
la source d'une potion magique qui n'a jamais viré à la piquette, en
dépit de la tragique défaillance de René Goscinny.
Le 1er février dernier, Astérix avait donné rendez-vous à la
presse du côté de Condate (Rennes) pour faire monter un peu plus la
pression de la cervoise publicitaire. Il en a profité pour rappeler
combien les racines d'Astérix plongeaient dans la propre expérience
du petit Albert Uderzo, réfugié en Bretagne avec son père qui
fuyait le travail obligatoire chez les descendants des Goths qui,
aujourd'hui, apprennent le latin grâce à la bande dessinée. Ils ne
sont pas seuls à craquer pour les gauloiseries crayonnées. 107
langues et dialectes puisent des éclats de rire dans la potion
magique venue de Gaule. Vous en reprendrez bien un peu ?
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Sur le web

Huit millions d'exemplaires
Huit
millions d'exemplaires bourrés de baffes, de castagne, de jeux de
mots et autres rebondissements ont été imprimés. Trois
millions sont réservés à la Gaule et les autres seront distribués
dans toute l'Europe qui vivra à l'heure de l'Armorique pour échapper
au laudanum politique.
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