Après le Galloper, le Santé Fé : le Coréen Hyundai persiste dans le 4x4, façon Sport Utility Vehicle, avec un panache que l'on n'attendait pas.
ON OBSERVE, on apprend, on copie puis on crée. Les constructeurs japonais ont suivi à la lettre ce processus évolutif avec, il faut bien le dire, un certain succès même s'ils sont aujourd'hui quelque peu retombés sur terre au point de faire le bonheur de quelques Européens en mal de taille critique. Les Coréens n'en sont pas encore là et la production locale brille bien davantage par la modestie de ses prix que par son contenu technologique. Quoique globalement très honorable, la nouvelle Hyundai Elantra reste en deçà de ses concurrentes européennes, mais une autre Hyundai, la (le ?) Santa Fé, témoigne d'une réelle volonté de bien faire et, somme toute, d'un talent jusque là difficilement soupçonnable. Commercialisé depuis peu, ce grand tout terrain de loisirs rejoint tout bonnement ce qui se fait de mieux dans la catégorie. Rien à voir avec le Galloper, ce Mitsubishi ancienne génération à peine revu et néanmoins très apprécié en France avec bien plus de 3000 exemplaires vendus. Moins brut de fonderie, sans doute moins à l'aise en tout terrain difficile, le Santa Fé joue sur un autre registre, très mode : le Sport Utility Vehicle (SUV). Ou 4x4 de salon. Expression cruelle : même si charmeur, le Hyundai n'a rien d'un frimeur et ses capacités hors bitume sont parfaitement honorables grâce notamment à une garde au sol de près de 21 cm et d'excellentes suspensions. L'absence de boîte courte et de blocage de différentiel l'éloignent toutefois irrémédiablement du tout terrain de franchissement mais Hyundai le sait et s'en fiche : 90 % des acheteurs de 4x4 n'ont jamais osé poser un pneumatique hors des sentiers battus. De fait, le Santa Fé louche plutôt vers les grands breaks, sinon les monospaces avec sa belle habitabilité, son équipement copieux et son aisance sur les routes goudronnées. Pas de châssis en échelle façon 4x4 pur et dur mais une plate-forme monocoque posée sur de grandes roues (indépendantes) de 16 pouces reliées à la caisse par des suspensions très classiques (type Mc Pherson avant/doubles triangles superposés/arrière avec ressorts hélicoïdaux, amortisseurs télescopiques et barre stabilisatrice avant). Ainsi suspendu, le Santa Fé se révèle très vite un excellent compagnon de voyage sur route, ni trop dur ni trop mou et assez avare de mouvements de caisse, du moins pour un 4x4 de ce gabarit (4,50 m x 1,85 m x 1,67 m et autour de 1700 kg). Le freinage est correct (ABS avec répartiteur) et la direction assistée à crémaillère excellente, qui autorise une belle précision de conduite. Très bon confort en tous chemins et du reste, pour qui souhaite s'en tenir là, Hyundai a prévu une version deux roues motrices (traction) dotée d'un antipatinage qui fera parfaitement l'affaire. Plus accessible que les deux autres versions intégrales (moins de 140 000 F), elle est aussi la plus modestement motorisée avec un quatre cylindres essence de deux litres de cylindrée développant 135 ch. Deux autres motorisations sont proposées sur les 4x4, également essence : un quatre cylindres double arbre 2.4 de 145 ch couplé à une boîte mécanique à 5 rapports et un V6 2.7 de 173 ch marié systématiquement à une transmission automatique séquentielle à 4 rapports mise au point par Porsche. Un deux litres diesel façon common rail de 111 ch est promis pour ce printemps.
Le bon choix du moment ? Le V6, pour son silence et sa rondeur plus que pour son peps. L'étagement de la transmission est en effet un peu long et bride les ardeurs de ce moteur mais icelui correspond mieux à la philosophie de ce grand break que le quatre cylindres. Evidemment, le budget n'est pas le même, à l'achat comme à la pompe (difficile de tomber sous les 13 litres) et probablement chez le mécano et l'assureur. Plus fruste mais pas très loin en performances pures, le 2.4 n'a pas trop de mal à transbahuter l'objet et le niveau de performances global est intéressant ; mais, là encore, l'appétit est solide (12 litres) et le bruit moins mélodieux.
Un diesel façon common rail est attendu pour avant l'été ; très attendu...
Dans tous les cas, la transmission intégrale est permanente avec double différentiel, visco-coupleur mécanique gérant la répartition du couple (60 avant/40 arrière) et différentiel arrière à glissement limité. Côté présentation, Hyundai a délibérément joué la carte du cossu. L'ambiance intérieure est nettement plus raffinée que d'ordinaire avec des matériaux plus avenants et un design plus fouillé. La qualité générale semble également en progrès. Toutes les versions profitent de deux airbags, de quatre vitres électriques, de la climatisation (mécanique sur deux roues motrices et 2.4), d'un auto-radio-CD, d'une banquette rabattable 60/40, du verrouillage centralisé télécommandé, d'une alarme, de barres de toit ou de jantes alu (15 sur deux roues motrices, 16 sur 4x4), le haut de gamme 2.7 GLS luxe ajoutant notamment les airbags latéraux, le cuir, le toit ouvrant électrique et le régulateur de vitesse. Un système de navigation est disponible en option sur les trois versions. Bien vu : la lunette arrière ouvrant indépendamment du hayon, les casiers de rangement sous le siège avant passager et sous le plancher de coffre, la double prise 12 volts Les prix ? De 139 900 F pour la version deux roues motrices à 179 900 F pour le Santa Fé 2.7. C'est globalement compétitif, notamment compte tenu du volume habitable, mais cet excellent Santa Fé part avec le handicap de porter un nom de famille à l'image encore assez floue. Objectif de Hyundai France, 2665 ventes cette année, 60 % en diesel et 40 % en deux roues motrices.
Le Santa Fé brandit une esthétique très mode, où les rondeurs rassurantes dominent. Dessiné par le bureau de style californien de Hyundai, ce gros 4x4 de loisirs est un des plus habitables de la catégorie.
dr
Quoique peu originale, la présentation intérieure établit de nouveaux standards de qualité chez Hyundai. C'est plutôt bien fait et bien équipé.
dr











