Ça commence avec une annonce dans la pharmacie, une « petite languette de papier verticale avec son numéro de téléphone ». C'est ainsi qu'il embauche une femme de ménage, parce que six mois sans Constance, c'était aussi six mois sans rangement. Sans ménage dans tous les sens du terme. La première fois, il la trouve « jolie mais sale ». Avec de vilains cheveux secs, victimes de la coloration. Elle vient d'abord une fois par semaine, puis deux. Il est absent, puis il est là, pour vérifier, voir si tout va bien. Enfin elle s'installe, et ils vont même bronzer au bord de la mer pour le plaisir de fuir, de vivre, c'est tout, main dans la main. Car l'amour a grandi, il a fait son nid, tranquille, et il n'a rien pu faire. Ce livre de Christian Oster est une description très fine, impressionniste, touche après retouche, de la naissance du sentiment amoureux, ou plus exactement de la dépendance amoureuse. Il dissèque aussi, même si c'est par définition plus rapide, brutal, la violence du sevrage, la claque de la séparation. Laura s'enfuit comme elle est venue, et c'est vraiment insupportable.
« Une femme de ménage », Christian Oster, Editions de Minuit, 237 p., 95 F.











