On connaissait « La complainte » de Rutebeuf (« Que sont mes amis devenus que j'avais de si près tenus et tant aimés ? ») ou « La ballade des pendus » de François Villon (« Frères humains, qui après nous vivez, n'ayez les coeurs contre nous endurcis : car si pitié de nous, pauvres, avez, Dieu vous en dira bientôt merci. ». Et voici que l'on (re) découvre, à la faveur de l'album « La poésie médiévale », qui vient de paraître chez Mango Jeunesse (et superbement rehaussé par les illustrations d'Olivier Charpentier), d'autres enchanteurs du Moyen Âge. Conon de Béthune est à la fois grand seigneur lettré et homme de guerre. Colin Muset et Rutebeuf sont les fleurons du chant de la vie de tous les jours, coquins, railleurs et fantaisistes. Les chants d'amour courtois, réservés aux châteaux, sont remplacés, en ville, par la satire, l'évocation de la misère. Aliénor d'Aquitaine, puis sa fille Marie de Champagne, réunissant autour d'elles une cour brillante, vont être à l'origine d'une véritable explosion poétique. Il est temps de lire Gace Brulé, Jehan Bodel d'Arras ou Philippe de Rémy.
« La poésie médiévale », images d'Olivier Charpentier, éditions Mango Jeunesse, 46 p., 99 F.











