Déjà auteur d'un doublé à l'aller à la Meinau, l'attaquant nantais d'origine tahitienne a précipité la perte du Racing à 10 minutes de la fin.
Il ne s'était pas passé grand-chose jusque-là. Le Racing avait convenablement et aisément maîtrisé une équipe nantaise certes dominatrice, mais brouillonne. Et José Luis Chilavert n'avait guère eu l'occasion de se réchauffer dans la froidure de la Beaujoire, se contentant de regarder passer une tête de Da Rocha largement à côté (5e) et de se saisir en deux temps d'une frappe un brin écrasée de Carrière (36e). Entre-temps, pour se dégourdir les jambes, il était venu expédier au-dessus, sans réelle conviction, un coup franc pourtant idéalement placé aux 16 m (23e). Johansen était arrivé un poil trop tard sur un centre fuyant de Luyindula (11e) et, surtout, Bertin avait décoché un missile sur coup franc que Landreau avait dû boxer avec fermeté, Ehret ratant le cadre sur sa reprise (28e).
Luyindula sur la barre
Rien de bien passionnant pour tout dire, les Nantais manquant à l'évidence de jus après leur périple européen à Porto. Mais les Strasbourgeois n'en sont plus depuis longtemps à privilégier la manière. Seul le réalisme prime. De réalisme, Péguy Luyindula en manqua à cette fatidique 53e minute qui allait conditionner la suite des événements. Sur un corner de Martins repris de la tête par Bertin, puis Beye, l'international espoirs, en pivot aux 6 m, catapulta le ballon sur la transversale. Et sur le renvoi, Fabrice Ehret commit l'erreur - de jeunesse - de vouloir empêcher les Nantais de jouer vite un coup franc, 6' tout juste après avoir été averti. M. Colombo lui brandit aussitôt devant le nez un 2e carton jaune idiot, synonyme d'expulsion. La 53e minute venait de faire pencher la balance du côté des Canaris. Car, on s'en doute, ce réflexe idiot pénalisa un RCS guère mis en difficulté avant ce coup du sort. Malgré un bon déboulé de Mezriche, entré pour rééquilibrer l'équipe et dont le centre ne trouva pas preneur (64e), les Strasbourgeois reculèrent. Arc-boutés sur leur but, ils subirent les déferlantes nantaises, mais Chilavert se saisit sans problème d'une volée de Monterrubio (63e) et d'un tir trop mou de Silva (68e). Le Paraguayen sortit encore avec à-propos dans les pieds de Touré (71e). Mais même recroquevillés en défense, Martins et ses coéquipiers n'oublièrent jamais de bonifier les rares ballons exploitables. Camadini décocha un boulet qui mit Landreau au supplice (81e). Mais sur le contre, Delhommeau changea l'orientation du jeu avec une belle clairvoyance. Monterrubio, servi sur son aile gauche, ajusta un centre au cordeau dont Vahirua, le joker nantais, vint couper la trajectoire au nez et à la barbe d'Ismaël et Chilavert. Un but assassin. Le 4e du Tahitien cette saison. Le 3e contre Strasbourg, après son doublé du match aller. Strasbourg encaissa le coup, mais ne jeta pas l'éponge. Martins plongea comme un mort de faim sur un centre d'Ismaël dans les arrêts de jeu. Mais Landreau s'était déjà lancé avec courage au contact. Il sortit vainqueur du duel. Yvon Pouliquen pouvait s'arracher les cheveux depuis le banc de touche. L'espoir venait de s'envoler aussi sûrement que les Canaris vers les cimes de la D 1.











