musicale
DANS le classement des mots clefs les plus utilisés par les moteurs de recherches du web, sexe arrive toujours en tête (largement...) suivi par MP3.
Ce format de compression (*) était pourtant un terme complètement inconnu il y a cinq ans ! Le MP3 offre la possibilité de faire circuler de la musique sur l'internet entre deux ordinateurs et ensuite de l'écouter avec une belle qualité audio (sur son ordinateur ou en la gravant sur un CD audio). Derrière l'aspect technique un peu rébarbatif se cache une vraie révolution pour les auditeurs, mais surtout pour les diffuseurs de musique qui doivent intégrer la galaxie MP3 sur internet... sans jouer la carte suicidaire de la gratuité. Universal Music France vient de prendre une initiative originale en créant Balanceleson.com (www.balanceleson.com), un site qui permet aux artistes méconnus de diffuser leur musique en ligne.
Directeur artistique virtuel
Pour Sophie Bramly, la directrice de Balanceleson, les avantages de ce label virtuel sont multiples. « Beaucoup de groupes hésitent à nous envoyer une cassette. Là, ils s'inscrivent dans la rubrique Studio, lisent le mode d'emploi, signent le contrat en ligne et transferent leur bio, leur photo et évidemment leurs morceaux. Ensuite un modérateur examine le tout et le met en ligne pour le rendre accessible à tous, en écoute ou en téléchargement gratuit.» Universal n'applique aucun critère artistique. Seuls les enregistrements avec des qualités sonores faibles sont recalés.« C'est plus une démarche vis-à-vis de la communauté musicale que de la communauté des internautes. D'ailleurs si un artiste est découvert sur notre site par une autre major, il est libre de signer. Balanceleson.com c'est un site pour découvrir et faire découvrir des nouveaux artistes.» Le site a ouvert le 15 janvier et en quatre jours 110 artistes ont déposé 250 titres à écouter ou télécharger. « Si à la fin de l'année on signe deux ou trois artistes grâce au site on sera content » souligne Sophie Bramly. A titre de comparaison, Universal music reçoit 600 cassettes par mois et signe 40 artistes par an (dix par label).
Abonnement et téléchargement
Mais l'une des cinq plus grosses majors de l'industrie musicale (et la première en France) ne veut pas s'arrêter à cette initiative originale. Au deuxième trimestre 2001, Universal va lancer un service d'abonnement. « Contre une somme d'argent, les internautes pourront, chaque mois, télécharger une centaine de titres nouveaux du catalogue Universal Music » explique Sophie Bramly. La clef de voûte de ce nouveau modèle économique sera évidemment le prix de l'abonnement. Mais là, Universal France refuse de donner la moindre indication.
(*) Le MP3 est un format de compression par perte de données qui permet de réduire la taille d'un fichier audio au 1/12ème environ de son poids d'origine tout en conservant une qualité d'écoute comparable à celle des actuelles radios FM.
Avec Balanceleson.com, Universal Music propose aux groupes, habitués aux scènes et aux studios, une passerelle vers l'internet.
Darek Szuster











