Didier Auriol retrouve une seconde jeunesse. A 42 ans, le Français, champion du monde en 1994, a intégré l'équipe Peugeot, dominatrice l'an passé en rallyes, rejoint le Finlandais Marcus Groenholm, le tenant du titre.
DÈS DETTE FIN de semaine au Monte-Carlo, le pilote s'apprête à vivre une saison particulière. « Pour moi, cette année est peut-être la plus importante de ma carrière, indique Auriol. J'ai 42 ans. J'ai encore envie de conduire, de gagner, et j'ai la chance de piloter une Peugeot ». De quoi changer pas mal de choses pour le Millavois. Et notamment sa façon d'aborder la compétition, lui qui, par le passé, déclarait sans cesse être plus intéressé à gagner des courses qu'un titre.
« Si cela reste d'actualité, j'avoue que gagner un titre des pilotes sur une Peugeot à 42 ans, cela serait extraordinaire » déclare-t-il. « Mais je crois qu'il ne faut pas brûler les étapes. La saison va être très longue. Il y a beaucoup de monde capable de gagner. Maintenant, il faut conduire l'esprit libre, ne pas se mettre de pression et se dire que l'on est là pour se faire plaisir. Si on se fait plaisir, on sera là pour gagner j'espère». En tout cas, pas question pour Didier Auriol de nourrir un quelconque complexe vis-à-vis de son jeune et talentueux coéquipier finlandais.« Je n'ai pas à faire simplement à Marcus mais à d'autres équipes en face qui vont également très vite. La compétition ne s'arrêtera pas à un duel Groenholm-Auriol. Ce n'est pas comme cela qu'il faut voir les choses », dit le Français. L'annonce de l'arrivée d'Auriol chez Peugeot a provoqué un fort engouement populaire en France. L'intéressé en est conscient, qui considère son passage chez Peugeot comme une grande aventure. « Tout le monde a envie de voir Auriol champion du monde sur Peugeot. Mais je crois que cela ne s'arrête pas là. Mon arrivée chez Peugeot a beaucoup marqué les esprits. Il y a un engouement qui dépasse largement le cadre de Peugeot », estime le Millavois.
Une grande aventure
Didier Auriol n'ignore pas que le fait d'arriver dans une équipe dominatrice, au volant d'une voiture qui gagne, déjà performante, constitue un avantage. « Il y a moins de travail à faire, note le pilote. Il faut simplement essayer d'aller plus vite que les autres. Et je ne ressens pas plus de pression que celle que j'ai pu avoir par le passé». Avantage déterminant surtout, la 206. « C'est une voiture facile à conduire, efficace, reprend Auriol. Elle a des réactions très saines, très neutres, une bonne motricité, elle est homogène. C'est une voiture championne du monde. Dès les premiers tests, j'ai pu attaquer tout de suite sans connaître la voiture. Ce qui n'est pourtant pas mon habitude».
Attaquer, le Français est bien décidé à le faire dès cette fin de semaine au Monte-Carlo. Un terrain connu et aimé sur lequel il s'est déjà imposé à trois reprises. La victoire ? « Tout est possible, indique Auriol. Quand on monte dans une voiture telle que la 206, on ne peut que penser à se battre pour la victoire ».











