Après avoir ouvert le score dès la 2e minute face à une équipe de Bastia réduite à dix à la fin du premier quart d'heure, le Racing s'est pourtant incliné hier soir à Furiani (3-1). La D 2 paraît inévitable.
S'IL est vrai que les occasions perdues ne se rattrapent pas, alors le Racing a du souci à se faire. Car il aura du mal à retrouver ces prochaines semaines une situation aussi favorable que celle qu'il a connue hier soir à Furiani et qu'il n'a pas su maîtriser. Battu pour la 13e fois en 22 matches, il compte désormais 11 points de retard (sans parler du goal-average) sur le premier non-relégable, Marseille. À 11 journées de la fin (12 en attendant le sort du match arrêté contre Metz), sa position est cette fois désespérée.
Pourtant, il ne pouvait guère espérer meilleure entame que celle d'hier pour entretenir un souffle de vie. Après 80" à peine, Camadini, le Corse promu capitaine en l'absence de Martins, enrhume Valéry et dépose un centre impeccable sur la tête de Ljuboja qui fait mouche pour la 3e fois de la saison. Déjà buteur - inutile - contre Metz (absent face à Châteauroux), l'ex-Sochalien confirme ainsi qu'il retrouve l'efficacité qui avait fait de lui le 2e buteur de D 2 l'an dernier. Pour un Racing encore secoué par la claque reçue en Coupe de la Ligue et l'épisode Chilavert sur lequel Patrick Proisy n'a fourni aucune explication hier à Furiani (pour la simple et bonne raison qu'il était absent), ce tonitruant départ ne peut pas mieux tomber. Surtout que les événements se succèdent en sa faveur. À la 16e, André, dont Mendes teste la solidité du maillot, se dégage d'un geste énergique. Le Portugais en rajoute et M. Vileo exclut sévèrement l'attaquant corse. Et comme si ça ne suffisait pas, Frédéric Antonetti, passablement remonté, s'en va dire son fait, et même un peu plus, au 4e arbitre, M. Galetti. La sanction est immédiate : l'entraîneur bastiais est expulsé à son tour (28e). Née hors-jeu ? Inutile de dire que sous l'effet de ces péripéties, la température est montée d'un cran dans un stade Armand-Cesari balayé par un vent très frais. Mais les Corses, réduits à 10, sont loin de baisser les bras et la tête dans l'adversité. Née rate la cible d'un rien sur un petit lob piqué (29e). Mais sa 2e tentative va être la bonne. Sur un centre de Laurent (qu'Antonetti a lancé à la place de Casanova pour rééquilibrer son équipe), le meilleur buteur corse, qui semble revenir d'une position de hors-jeu, devance la sortie d'Eggimann et égalise de la tête. Son 11e but de la saison (39e). Cette égalisation juste avant la pause fait mal à des Alsaciens qui commencent à perdre les pédales. Et vont se « punir » tout seuls pour avoir trop reculé sur leurs bases. Sur un tir écrasé de Lachuer, Beye se jette et, d'un tacle malheureux, dévie le ballon hors de portée de son gardien qui s'apprêtait à s'en saisir (62e). Le vent favorable du début de rencontre est soudain devenu contraire. Pouliquen lance deux attaquants supplémentaires, Haas et Conteh. Bastia donne même parfois l'impression d'être en supériorité numérique, tant il multiplie les décalages. Jamais le Racing ne reviendra. Sauf de Corse dans la nuit avec des valises pleines de regrets de n'avoir pas su exploiter un contexte si favorable. D'autant que pour corser l'affaire, Laurent, dans le coup sur les trois buts bastiais, achèvera le calvaire strasbourgeois à l'ultime minute d'une superbe frappe enroulée dans la lucarne d'Eggimann. Ce matin, si le drapeau à la tête de Maure flotte fièrement sur Furiani, les Alsaciens doivent, eux, avoir une tête de moribonds.
Déjà averti à Lille et à Sedan, Pascal Camadini (ici à droite, aux prises avec le Bastiais Yann Lachuer) qui a reçu un carton jaune hier dès la 7e minute, sera suspendu pour la venue de Troyes à la Meinau le 27 janvier.
AFP











