Après un mandat de conseiller municipal de Linthal, un d'adjoint et trois de maire, Vincent Deninger passe la main.
Je me retire de la vie municipale parce que j'ai 70 ans cette année. J'estime que c'est un âge raisonnable pour se retirer. Tout le monde savait que c'est mon dernier mandat En 30 ans, j'ai beaucoup donné. Mais, au fil du temps, j'avoue avoir perdu un peu de ma foi et de la motivation. Dans un petit village comme en ville, le maire est confronté à énormément de problèmes et il est sur la brèche tous les jours. C'est usant. Il faut savoir s'arrêter à temps. Mon engagement de maire a été une période formidable, qui a marqué ma vie. J'ai énormément appris. Aussi bien sur les gens que sur le fonctionnement d'une commune. J'avais une chance inouïe, celle de n'avoir aucune opposition dans mon conseil. À chaque élection, ma liste est passée en totalité. Au conseil, nous n'avons jamais fait de politique. Durant toute ma carrière, aucun parti politique ne m'a aidé. La politique est à bannir du conseil municipal, surtout dans les petites communes. La vie est tellement plus facile quand on peut s'entendre. L'avenir de ma commune ? Ma plus grande déception, c'est le manque de moyens pour aménager le village comme je l'aurais souhaité. Et puis, il y a eu cette terrible tempête du 26 décembre 1999. On nous a annoncé des aides, mais on ne voit toujours rien venir. En quelques heures, nous avons perdu les recettes de trois années d'investissement. En moyenne, on pouvait compter sur 500 000 F par an de rentrées, grâce à la forêt. Le bois que nous avons vendu est parti à 280 F le m3, contre 450 F dans les bonnes années, pour 250 F au m3 de frais de façonnage… Il faut aussi compter avec le déneigement, qui coûte cher à la commune et pour lequel nous ne bénéficions d'aucune aide publique. Côté finances, la marge de manoeuvre de mon successeur sera plutôt limitée.
Le maire de Linthal Vincent Deninger a décidé de se retirer, après 30 ans consacrés au village.
Jean-Michel Cuenot











