Depuis une dizaine d'années, les établissements Brendlé implantés à Aspach-le-Bas prennent en charge le décès des animaux domestiques. Les clients viennent de toute l'Alsace pour incinérer ou enterrer leurs animaux de compagnie.
ENTERREMENT ou incinération ? Réservée jusqu'à présent aux êtres humains, cette question se pose également pour les animaux domestiques. Comprenant que les animaux domestiques prennent de plus en plus de place dans la vie de l'homme, Emile Brendlé décide de monter son entreprise. « Je m'occupe d'animaux depuis trente ans, raconte-t-il. J'ai fait les urgences lorsque l'animal était blessé ou souffrait d'une hémorragie. J'ai écumé les abattoirs les plus proches qui s'occupaient de les faire disparaître. Des urgences, j'en faisais 700 par an. Quand j'ai vu que les gens tenaient tellement à leurs animaux, j'ai eu l'idée d'ouvrir un centre d'incinération ». Malgré les difficultés, l'entreprise prend son envol au début des années 90 et s'implante dans un écrin de verdure, route de Belfort, à Aspach-le-Bas, à quelques encablures de la Sadef. Aujourd'hui, Emile Brendlé est officiellement à la retraite. Son fils, Stéphane, 29 ans et Nathalie, 25 ans, ont pris la relève et surfent sur un phénomène de société qui s'amplifie d'année en année.
Chiens, chats, lapins et serpents...
«Nos clients ont le choix entre l'enterrement et l'incinération individuel ou collective. Dans le premier cas, l'enterrement se fait avec ou sans cercueil sur notre terrain moyennant une concession de 200 F par an et par tombe. L'incinération est très demandée, davantage que l'enterrement. L'animal de compagnie le plus courant, c'est le chien. Ensuite, on a le chat, le lapin, les oiseaux et les petits rongeurs. De plus en plus, les gens nous demandent de prendre en charge des animaux un peu particulier comme la tortue, le serpent, ou l'iguane. On a déjà incinéré un petit singe, un capucin qui appartenait à un cirque de passage », raconte Stéphane. L'animal est préalablement stocké dans un congélateur. Avant son incinération, par exemple, il est pesé car de son poids dépend le montant de la facture. En collectif, l'opération coûtera 155 F pour un animal de moins de 10 kg. 355 F pour les plus lourds. En individuel, il faut compter entre 685 F et 895 F. A l'entrée des établissements Brendlé, une petite pièce fait office de « show room ». Une gamme variée d'urnes sont exposées sur les étagères : en céramique ou en bois, le client a le choix.
Un cercueil de 12 000 F
À côté du bâtiment de l'entreprise en forme de carré, une soixantaine de tombes dont certaines font l'objet régulièrement de pèlerinage témoignent de l'attachement des personnes à leurs animaux de compagnie. « On a déjà vendu un cercueil d'une valeur de 12 000 francs. C'était un Italien de la région qui a perdu son berger allemand. Le cercueil avait été fabriqué sur mesure pour éviter que les pattes du chien soient repliées. Le couvercle était bombé, l'intérieur capitonné. Mais ce genre de client est une exception ». Certains clients ont fait des malaises au moment où leur animal était réduit en cendres. La disparition de leur compagnon représente pour certains une véritable catastrophe. « Un client avait été sauvé par son chien, racontre Emile Brendlé. Il avait fait un malaise cardiaque alors qu'il faisait un footing dans la forêt. Son chien a aboyé à coté de son maître et attiré l'attention de promeneurs. C'est comme cela qu'il a été sauvé. Ce monsieur m'a dit au moment de l'incinération qu'il préférerait être à la place de son chien ».
Les établissements Brendlé à Aspach-le-Bas (de gauche à droite : Emile, fondateur de l'entreprise et son fils Stéphane, 29 ans) prennent en charge le décès de toutes espèces animales. L'entreprise assure également un service ambulance et le transport de chevaux.
Photos JD Kientz
Urnes en céramique (notre photo), en bois ou cercueil, l'animal domestique a droit à la même attention que l'être humain.











