La Ville de Sélestat et l'Etat ont signé une convention pour allier leurs moyens dans une politique d'intégration des immigrés.
« Il faut tout faire pour qu'au sein de la population les gens s'acceptent, et vivent ensemble dans de bonnes conditions,» dit Jeannette Moerel, adjointe au maire chargée des flux migratoires, de la politique de prévention et du développement socioculturel. A son poste d'adjoint, lors des permanences ouvertes à la population, elle avait pu constater que les immigrés se plaignaient du manque de considération et de leurs difficultés sociales. Ils n'arrivaient pas à trouver de logement décent, et lors des embauches, leur seul nom était un handicap pour être engagés. « Il fallait trouver des solutions. J'ai d'abord agi au coup par coup. Et puis j'ai eu connaissance de la possibilité de signer avec l'Etat un contrat local d'accueil et d'intégration.» La signature de ce document permettait à la ville de démultiplier ses moyens en matière de politique d'intégration.
Travailler ensemble
« Nous avons fort à faire. Car aucune structure n'a jamais été mise en place pour contribuer à l'intégration des immigrés. Aujourd'hui il n'y a plus d'immigration. Mais l'accueil n'a toujours pas été fait dans des conditions satisfaisantes. C'est cette mission que nous pourrons remplir grâce à la convention,» explique l'adjointe. La convention définit ainsi une stratégie d'accueil, une aide à l'apprentissage et de la maîtrise de la langue française, une lutte contre l'échec scolaire, une aide pour l'accès au logement, l'accès à l'emploi avec une information sur les formations et enfin une aide aux initiatives des habitants. Ce dernier point doit promouvoir et soutenir les initiatives individuelles et collectives pour encourager et développer le lien social et former les cadres associatifs. La mise en place de cette convention a été précédée par une année d'étude : « Nous voulions nous en dispenser, car nous connaissions les besoins locaux. Mais cette étude-diagnostic a été imposée par l'Etat. Aujourd'hui nous ne la regrettons pas. Elle a permis à tous les acteurs locaux en matière sociale de prendre conscience de la situation et de mieux travailler ensemble,» dit Jeannette Moerel. Elle ajoute : « C'était une première étape nécessaire pour mieux rassembler ceux qui doivent accueillir.» La convention s'étend sur trois ans. Pour la première année la ville apporte 211 000 F, l'Etat 210 000 F et le fonds d'action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles, une somme de 107 000 F. Jeannette Moerel : « Normalement après trois ans, il ne devrait pas être nécessaire de signer une nouvelle convention. Les actions à réaliser doivent mettre en place toutes les structures nécessaires à une bonne intégration des immigrés. Par la suite, ces structures devraient fonctionner sans les moyens apportés par la convention.»
Une première action concrète liée à la convention : l'accompa- gnement scolaire avec une animatrice rémunérée par la Ville au titre des emplois jeunes. Chaque soir, les jeunes se retrouvent pour faire les devoirs ou suivre des animations destinées à compléter leur apprentissage par le jeu. Ici, l'animatrice Rahimé Ylmaz avec les jeunes du quartier nord.
Dominique Gutekunst











