Photographe depuis plus de quinze ans, auteur de reportages pour des magazines comme Madame Figaro, Côté Ouest ou Vogue, Jean-Marie del Moral se souvient de la première fois où il est entré dans l'atelier d'un artiste : « C'était celui de Joan Miro. J'avais vingt-cinq ans, cela a changé ma vision des choses.» Depuis, il a beaucoup photographié les peintres, dans leur atelier ou chez eux, s'attachant à « pister » leur imaginaire : « la maison, c'est l'autoportrait de celui qui l'occupe.» Parce qu'en général, les artistes n'aiment pas plus que cela lever le voile sur les secrets de l'atelier, sur les lieux où se pratique l'alchimie créatrice, La maison des peintres paru récemment chez Flammarion (256 pages, 295 F) est un rare voyage dans l'intimité des peintres et de leur art. En racontant, en photographies, ses rencontres, ses instants privilégiés, ses moments d'émotion, Jean-Marie del Moral ouvre donc quelques portes dérobées sur des peintres qui comptent, tous, parmi les grands de ce siècle. Ainsi Sam Francis, Olivier Debré, Sam Szafran, Pierre Alechinsky, Robert Motherwell, Gérard Garouste, Julian Schnabel, Roy Lichtenstein et bien sûr le Miro de la rencontre originelle, se sont trouvés devant l'objectif de Del Moral. Antoni Tapies travaille en charentaises et lisse le sable et le rouge de ses toiles. Miro, penché sur son oeuvre, a l'air appliqué et méticuleux et Pierre Soulages, l'homme des grands tableaux noirs, vit dans le blanc...











