La troisième position de la France dans le groupe B de l'Euro de handball féminin à Valcea marque les limites actuelles de l'équipe tricolore, même si elle lui offre la possibilité de disputer ajourd'hui la cinquième place de l'épreuve contre la Norvège. Depuis le 12 décembre 1999, date de l'inattendu titre de vice-championnes du monde décroché en Norvège, les Bleues ont du mal à enfiler un costume trop large pour elles. La preuve a été apportée lors des jeux Olympiques à Sydney où elles n'ont terminé qu'à une médiocre 6e place et au cours desquels l'ambiance du groupe s'est dégradée. « Nous ne sommes que la cinquième ou sixième nation européenne », n'a de cesse de répéter l'entraîneur Olivier Krumbholz depuis le début de la compétition, rappelant que, de surcroît, il a dû faire face à de nombreux forfaits et n'a pas pu compter sur des espoirs prometteurs restés à la maison pour cause d'études. Les problèmes sont de plusieurs ordres. Ils sont d'abord la conséquence de l'exploit scandinave. Avant, la France était inconnue. Maintenant, son jeu n'a de secret pour personne. Il a été disséqué et apparaît trop stéréotypé avec seulement deux combinaisons appliquées en attaques placées. La Hongrie et la Russie, victorieuses des Bleues, avaient tout compris. L'autre difficulté des Françaises qui ont gagné contre l'Allemagne, la Yougoslavie et l'Autriche, semble plus profonde. Elle tient à la nature des joueuses qui ne disposeraient pas d'une préparation adéquate. Sur ce thème, le discours de Krumbholz est violent. Il accuse ses confrères à Metz, Besançon ou ailleurs de ne pas faire correctement leur travail.
« Tares »
« Certaines filles ont des tares. Les entraîneurs ne font pas leur travail. Il y a du laisser-aller dans les clubs et à la Fédération », martèle-t-il, déplorant de devoir inculquer « par la force les fondamentaux du hand». « Avec trois compétitions importantes en un an, nous avons vécu une saison difficile avec des joueuses manquant de base », ajoute-t-il. L'entraîneur s'en prend aussi individuellement à plusieurs filles de son groupe. Exemples parmi d'autres : il reproche à Leïla Ducheman Lejeune d'être« bête » puisqu'elle ne modifie pas sa façon de tirer en suspension connue par toutes les gardiennes, ou à Nodjialem Myaro de ne pas être « assez maligne » sur le terrain, notamment vis-à-vis des arbitres. Olivier Krumbholz utilise ainsi, comme on le lui reproche parfois, la méthode forte pour obtenir de ses joueuses qu'elles « se libèrent contre la Norvège ». C'est un adversaire, 3e aux JO, qui a gagné contre la France en finale des championnats du monde, mais qui est à la portée des Bleues car l'équipe a été remodelée en l'absence de titulaires, dont la leader Grini. « Il s'agit d'un match important puisqu'il doit nous permettre d'atteindre notre objectif, finir cinquième et nous qualifier pour les prochains championnats du monde et d'Europe », dit-il.« L'équipe de France doit montrer de la maturité », poursuit-il, soulignant qu'une défaite ne serait pas « catastrophique mais laisserait comme un goût d'inachevé».











