Le champion du monde des rallyes 2000, Marcus Grönholm, était de passage hier au musée Peugeot de Sochaux où il a rencontré les personnels des usines de Sochaux, Vesoul et Mulhouse. Pour « L'Alsace », le géant finlandais est revenu sur une saison de rêve au volant de la 206 WRC.
AVANT HIER au siège de PSA avenue de la Grande-Armée, aujourd'hui au Bourget à l'occasion d'une grande fête donnée par Peugeot Sport, Marcus Grönholm a réussi à caser dans son emploi du temps une rencontre-débat à Sochaux avec les personnels Peugeot de tout l'Est de la France. En compagnie du directeur de Peugeot Sport Corrado Provera et du responsable des rallyes Jean-Pierre Nicolas, le champion du monde s'est plié de bonne grâce à une énième opération de promotion.
Marcus, depuis le titre de champion du monde acquis le 26 novembre au soir du rallye de Grande-Bretagne, vous êtes sollicité de toutes parts... Comment vivez-vous cela ?
« Je n'ai pas une minute à moi ! Depuis la remise du trophée, je suis sans cesse en mouvement et j'avoue que jen n'ai pas encore eu trop le temps de réaliser l'ampleur de ce titre de champion du monde. Tout ce que je peux dire est qu'il s'agit d'un sentiment formidable, qui est partagé par tous les membres de l'équipe Peugeot. Parce qu'il n'y a pas que moi, il y a toute l'équipe derrière et il est juste de rendre hommage à toutes les personnes qui nous soutiennent, comme ici, à Sochaux ».
Cette saison avait pourtant mal commencé. Comment l'avez-vous vécu, entre les moments de doutes et l'irrésistible ascension finale ?
« Le 1er rallye, au Monte Carlo, a été difficile à vivre, c'est vrai (ndlr: au matin de la 2e étape, les trois 206 ont refusé de démarrer). Mais nous avons connu le succès immédiatement après, au rallye de Suède, ce qui a redonné le moral à tout le monde. À partir du milieu de saison, la voiture a gagné en fiabilité et s'est révélée de plus en plus facile à conduire. Et tout s'est bien terminé »
Première saison complète pour Peugeot et pour vous et les deux titres sont au bout. Dès lors, que peux-t-on espérer de mieux pour la saison 2001 ?
« Déjà, il faut dire que je ne m'attendais pas à devenir champion du monde au cours de cette première saison. Nous étions là pour apprendre et il y avait quatre manches que je ne connaissais pas du tout. Ce fut donc une heureuse surprise. Tout ce que l'on peut espérer pour l'an prochain, c'est de réaliser la même chose ».
En 2001, Peugeot et Grönholm seront attendus. Sur la 206 en particulier, y a t-il des choses que vous souhaiteriez voir améliorer ?
« Les ingénieurs travaillent en permanence sur la voiture, qui est en constante évolution. Bon, on peut toujours améliorer quelque chose, mais la voiture n'est pas loin d'être parfaite. En juin prochain, nous disposerons par exemple d'un nouveau moteur ».
Vous signeriez bien pour un habitacle un peu plus grand, avec votre double mètre...
« Oui...(sourire). Le seul petit problème avec la voiture, c'est pour rentrer dedans. Mais une fois que j'ai mon casque sur la tête, j'oublie tout ça pour me concentrer sur la course. »
Enfant, vous aviez une idole, un modèle de pilote ?
« Mon père était pilote de rallye et côtoyait à ce titre les Vatanen, Salonen, Mikkola. Oui, je crois que si je devais me définir un modèle, ce serait mon père »
Peugeot et les Finlandais... c'est comme une histoire d'amour qui dure. Comment expliquez-vous cela ?
« C'est difficile à expliquer. En ce qui me concerne, j'ai des souvenirs plein la tête des exploits de Vatanen, Salonen et Kankkunen au volant de la 205 Turbo 16. C'étaient des voitures formidables. Aussi, quand j'ai voulu entre dans cette profession, je n'ai eu aucune hésitation... et Jean-Pierre Nicolas a bien voulu me donner ma chance »
Marcus, quel est votre véhicule particulier ?
« Un 806, parce que c'est la voiture la plus pratique quand on a une femme et trois enfants ».
Enfin, la saison 2000 à peine terminée, il faut déjà penser à la suivante. Quand commencez-vous à préparer le rallye Monte Carlo ?
« Nous avons déjà effectué des tests en Suède la semaine dernière et une séance est prévue la semaine prochaine à Monte Carlo avec Didier Auriol et Gilles Panizzi. Moi, j'aurais le droit à de courtes vacances (sourire), avant une séance d'entraînement début janvier ».
Un dernier mot sur votre futur partenaire, Didier Auriol, avec qui vous avez déjà travaillé dans le passé...
« Effectivement, on s'est côtoyés chez Toyota quand j'étais pilote privé. On n'avait pas eu de problèmes et il n'y a pas de raison qu'il en soit autrement. Didier est un pilote très rapide et, la saison prochaine, il sera... parmi les plus rapides ».
Le couple de cette saison en championnat du monde des rallyes : Marcus Grönholm et la Peugeot 206 WRC.
Lionel Vadam











