Grâce à l'aide du Département et de la Communauté de communes du Jura alsacien, « L'oeuvre de Lucelle » a pu mener à bien la restauration d'un pont de pierre, qui fait partie du patrimoine de l'abbaye.
EN contrebas de la route internationale qui relie Lucelle à Kiffis, coule -tranquille- la rivière. Dans ce cadre naturel exceptionnel et chargé d'histoire, un petit pont en pierre avait su résister aux assauts du temps pendant plus de deux siècles. Mais depuis quelques années, l'érosion était devenue la plus forte. Certaines pierres étaient tombées dans le lit de la rivière et le pont menaçait de s'effondrer. C'est alors que l'association « L'oeuvre de Lucelle » décide d'intervenir, pour rester fidèle à son objet : « la sauvegarde de l'héritage spirituel et culturel du patrimoine de l'ancienne abbaye de Lucelle ». Car ce petit pont n'en est pas vraiment un. Il s'agit en fait du prolongement du mur d'enceinte de l'abbaye, qui autrefois traversait la route et franchissait la rivière Lucelle. Il était alors surmonté d'une grille qui a aujourd'hui disparu. Grâce à la charte de développement signée entre la communauté de communes de Ferrette et le conseil général du Haut-Rhin, le pont a été restauré, dans le cadre d'un programme appelé « Les petits sites touristiques ». L'ensemble des travaux est revenu à 96 300 F, financés à hauteur de 40 % par la communauté de communes du Jura alsacien, 40 % par le Département et 20 % par « L'oeuvre de Lucelle », propriétaire et maître d'ouvrage.
La patine du temps
Le chantier a été achevé il y a seulement quelques semaines. Les membre de l'association sont allés sur place se rendre compte du résultat. À première vue, l'ouvrage a perdu de son cachet, du fait du fort contraste entre les pierres anciennes et celles qui ont été ajoutées pour renforcer l'une des piles du pont. « Au départ nous pensions récupérer les pierres qui étaient tombées dans la rivière et les remonter pour reconstituer le pont. Mais les Bâtiments de France ont refusé », explique Pierre Brand, maire de Ferrette et président de la communauté de communes. Pour retrouver le charme du petit pont de Lucelle dans son écrin de verdure, il faudra donc s'armer de patience. Attendre qu'avec l'humidité les pierres neuves se recouvrent de mousse, et qu'apparaisse peu à peu la patine du temps.
Esthétique et sécurité
« Le plus important était de pouvoir sauver ce pont, car il fait partie de notre patrimoine. C'est une chance de pouvoir le conserver, même s'il a fallu attendre près de dix ans », souligne Pierre Brand. Néanmoins, le maire de Ferrette n'a pas l'intention de se contenter d'un simple sauvetage. Il pense déjà à l'étape suivante. « D'abord il faudrait installer une plaque explicative, pour que le public connaisse l'histoire du site. Et puis ensuite l'idéal serait d'aménager le passage sur le pont. » Mais pour inciter les promeneurs à traverser le pont, il faut que leur sécurité soit assurée. Se pose alors à nouveau le problème esthétique. Il est impensable en effet d'installer un parapet métallique, qui défigurerait complètement le paysage. L'idée de Pierre Brand est de constituer un gué, à l'aide de gros blocs de pierre posés dans le lit de la rivière, et qui permettraient de passer d'une rive à l'autre en admirant le pont, tout au moins en été, lorsque le niveau de l'eau est très bas. Avis donc aux amateurs de promenades et de belles pierres, Lucelle a tout pur vous séduire, et n'a pas fini de vous surprendre.
Les membres de « L'oeuvre de Lucelle » ont traversé le petit pont de pierre dont la restauration vient de s'achever. Parmi eux le président de l'association, André Johner.
Julie Keiflin











