Edson Arantes do Nascimento, ou Pelé pour la terre entière, qui a été sacré hier soir à Rome « joueur du siècle » par la Fédération internationale de football (FIFA) était déjà baptisé « O Rey » (le roi) par la famille du football depuis 1958.
A UNE ÉPOQUE où le monde de la télévision commençait seulement à étendre sa toile sur le monde, le Brésilien avait déjà imposé aux yeux de tous sa vivacité, sa technique, son élégance naturelle et son incroyable sens du but. Un demi-siècle plus tard, un quart de siècle après le jubilé qui marqua sa fin de carrière, il présente toujours le palmarès le plus riche du football mondial avec trois titres de champion du monde (1958, 1962, 1970) et 1285 buts inscrits en 1321 rencontres. Un record qui ne sera sans doute jamais battu.
Fils d'un modeste joueur professionnel, Pelé a été découvert au Bauru FC, au début des années 50 par Valdemar de Brito, un ancien international, qui a également eu le mérite de le faire signer à Santos, le club de sa vie. Pour son premier match professionnel, le 7 septembre 1956 contre les Corinthians, alors qu'il n'a pas encore fêté ses 16 ans, il signe ses débuts par un premier but. Un an plus tard, il signe sa première sélection en équipe du Brésil par un autre but. Du voyage en Suède pour la Coupe du monde 1958, il vient en principe pour apprendre auprès des stars de l'époque, Garrincha, Didi et autres Vava. Pelé fait ses débuts lors du troisième match, contre l'URSS, et s'impose immédiatement comme titulaire. En inscrivant trois buts en demi-finale contre la France (5-2), et deux en finale contre la Suède (5-2) il offre son premier titre mondial au Brésil, devenant le plus jeune joueur à gagner la Coupe du monde.
Violence
Mais à une époque où les attaquants n'étaient pas aussi bien protégés par les arbitres, son inspiration et son talent sont souvent brisés par la violence qui sévit sur tous les terrains du monde. Ainsi, en 1962, il est blessé dès le deuxième match de la Coupe du monde au Chili, mais le Brésil conserve quand même le trophée. Quatre ans plus tard, en Angleterre, il doit prématurément quitter le terrain sur une civière dès le début du tournoi et cette fois, le Brésil échoue. Après son 1000e but, inscrit le 19 novembre 1969, Pelé réussit un véritable festival en 1970 au Mexique, sans doute la plus relevée de toutes les coupes du monde, où il est alors au sommet de son art osant des gestes techniques incroyables tout en canalisant tous les ballons d'une formation pourtant constellée d'étoiles. Le 21 juin, le Brésil bat l'Italie en finale (4-1), et « O Rey » devient le premier et seul joueur à avoir gagné trois trophées mondiaux. Pelé a mis un terme à sa carrière internationale le 18 juillet 1971 après 92 sélections nationales. Le 1er octobre 1977, pour son jubilé d'adieu, suivi par 700 millions de téléspectateurs, il marque son 1285e et dernier but sur un coup franc de trente mètres. Ultime salut de l'artiste qui devient plus tard ministre des Sports au Brésil tout en demeurant un ambassadeur itinérant du football.
Pelé : 1285 buts en 1321 rencontres.
AFP











