Le « peuple des travailleurs frontaliers » s'est réuni dimanche à Saint-Louis, sur la place de la salle des fêtes, transformée pour l'occasion en forum.
La pluie ne les a pas empêchés de venir nombreux dimanche, place Gissy à Saint-Louis (lire L'Alsace-lundi). Le Comité de défense des travailleurs frontaliers (CDTF) avait convié, par distribution de tracts et par voie de presse, toutes les personnes travaillant en Suisse et concernées par le problème de l'assurance maladie. Le but était d'informer les frontaliers des derniers développements en la matière et de les faire participer à une prise de position commune, notamment sur le rapport des « experts ès assurance maladie », remis au gouvernement fin novembre. Pour le troisième rassemblement de ce type, après ceux d'avril et de juin derniers, ils étaient quelques milliers (environ 3 000), dont quelques élus, à avoir fait le déplacement, munis d'un parapluie. En fait de débat, ce fut surtout le président Jean-Luc Johaneck qui s'exprima. D'emblée, il a rejeté une partie des conclusions de l'étude gouvernementale : « Nous n'avons que partiellement obtenu satisfaction ».
Pour le libre choix
Le CDTF réclame le libre choix de l'assurance maladie. Depuis des accords signés entre l'Union européenne et la Suisse en 1995, tout Français qui travaille en pays helvète est obligé d'y prendre une assurance maladie. Sachant que, selon le Comité, la cotisation mensuelle pour un adulte dans le canton de Bâle s'élève à environ 300 FS (ou 1 300 F) et celle pour un enfant à 120 FS, que les soins sont remboursés à 90 % avec une franchise de 500 FS et qu'à ce montant, il faut ajouter le coût d'une complémentaire, peu de travailleurs frontaliers se risquent à de telles dépenses. La grande majorité a souscrit à une assurance privée, « qui rembourse dans des conditions plus favorables », et souhaite la garder. En signant l'avenant 2 à l'accord bilatéral, l'Autriche, l'Allemagne et l'Italie ont laissé le libre choix à leurs ressortissants respectifs. « Seule la France n'a pas signé », a rappelé Jean-Luc Johaneck, qui réclame cette signature. Le rapport des experts, s'il préconise le libre choix pour les travailleurs actuels, prévoit que les futurs frontaliers devront adhérer soit à une assurance en Suisse, soit à la couverture universelle maladie (CMU) en France, avec application du régime général (remboursement à 70 %). Cette proposition fâche le CDTF.
« Fête du frontalier »
Avant de rendre ses conclusions au gouvernement, il voulait donc consulter la base. Le vote à main levée de la foule présente sur la place Gissy a été sans appel : ils ont tous répondu par la négative. Un véritable plébiscite pour le CDTF du Haut-Rhin et son président, qui s'estimait attaqué dans le rapport gouvernemental. Devant un tel succès, Jean-Luc Johaneck a même proposé d'instaurer une « fête du frontalier ». Une idée également saluée par les participants. Ce fut alors au tour de Jean Ueberschlag et de son collègue d'Altkirch, Jean-Luc Reitzer, de prendre la parole pour affirmer qu'ils étaient aux côtés des frontaliers. Après le rassemblement, ceux qui n'ont pas encore demandé le dégrèvement de la CRDS auprès de leur centre des impôts ont pu récupérer un formulaire. À partir du 1er janvier, les travailleurs frontaliers seront en effet exonérés de CRDS. Une première bataille remportée.
Malgré la pluie, les frontaliers étaient nombreux, dimanche, pour écouter Jean-Luc Johanneck.
Magali Claudel











