Fort de sa longue expérience de joueur et de ses trois années sur de banc du CFA, Yvon Pouliquen est entré dans la fonction d'entraîneur de D1 plein d'une assurance que n'ont pas douché les deux petits points récoltés en trois matches. L'ancien capitaine du Racing garde espoir.
YVON POULIQUEN se destinait à la carrière d'entraîneur au plus haut niveau. Et s'il n'était pas demandeur, il a accepté sans se poser de questions la mission de sauvetage que lui a confiée le président du Racing, Patrick Proisy. Malgré trois premiers résultats moins encourageants que les productions de son équipe (2 points sur 9), il n'a rien perdu de sa détermination. Ni de son inébranlable confiance.
Rassuré par la qualité du jeu développé par ses troupes, il estime le maintien toujours accessible à 14 journées (et 42 points possibles) de la fin. Même si l'écart avec le premier non-relégable s'est encore creusé.
Yvon, après trois matches sous votre coupe, le retard de votre équipe sur les clubs qui la précèdent s'est encore accru. Elle est même dernière depuis ce week-end. Êtes-vous inquiet ?
Franchement ? Non. Bien sûr que les matches défilent. Mais j'ai des motifs de satisfaction sur ces trois matches. Les prestations de l'équipe me font dire que le printemps est proche. La poisse qui nous poursuit ne nous collera pas aux basques jusqu'à la fin.
Dans votre situation, deux points en trois matches, c'est insuffisant. On vous sait d'un naturel optimiste, mais quand même...
C'est vrai que je suis d'un naturel optimiste. Mais je sais aussi qu'il va nous falloir réussir une série positive pour refaire surface. Rien ne dit que cette série, malgré le nul (1-1), n'a pas commencé contre Rennes.
La défense n'a encaissé « que » trois buts en trois matches. Votre souci majeur est-il le secteur offensif ?
Autant à Monaco que contre Rennes, nous nous sommes procuré une pléiade d'occasions. Et il est dommageable de les avoir manquées. Mais pour les attaquants, il y a comme ça des périodes de disette. Élie Baup dressait le même constat après le nul de Bordeaux à Brême en Coupe de l'UEFA. Mais il disait aussi qu'il aurait des craintes si son équipe ne parvenait pas à se créer d'occasions. Ce n'était pas le cas, la preuve contre Saint-Étienne. Pour nous non plus. Aujourd'hui, je fais la même analyse que lui.
Ce n'est pas sur l'OM que nous devons reprendre du terrain
Ça ne vous empêche pas de réclamer l'arrivée, au mercato, d'un attaquant puissant capable de fixer les défenses adverses...
Je n'aime pas beaucoup parler du mercato, alors que les joueurs actuels montrent, depuis trois matches, de la conviction sur le terrain. Mais un joueur de ce profil, évoluant dans un registre différent de Luyindula et Ljuboja, dont les jeux se ressemblent, pourrait nous apporter un plus.
Le président Patrick Proisy annonce six départs minimum ces prochaines semaines. L'envie montrée par le groupe depuis votre arrivée vous conduit-elle à une analyse un peu différente ?
Tous les joueurs m'ont montré de l'envie. Mais il faut bien avouer qu'avoir 28 pros sous contrat pour les objectifs que sont le maintien en D 1, les Coupes de France et de la Ligue, c'est trop. Même si la porte ne sera fermée à personne, des garçons seront déçus par les choix. Ce n'est bon ni pour eux, ni pour le staff. Pratiquement, on ne peut pas faire une opposition à l'entraînement à 14 contre 14. À 28, la concurrence et l'émulation n'existent plus vraiment. À 22, si. Inconsciemment - et comment le leur reprocher ? - il y a toujours un moment où certains lâchent un peu quand l'effectif est trop pléthorique.
D'habitude, quand le kop meinovien scande le nom d'un entraîneur, c'est pour réclamer sa démission. Samedi, pendant la rencontre, il a scandé le vôtre avec ferveur...
(il coupe) Oui, on me l'a dit. Mais je ne l'ai même pas entendu, tellement j'étais concentré. Quand j'étais joueur, c'était pareil. J'étais à fond dans les rencontres et je ne me rendais pas compte de ce qui se passait autour. Je regrette de n'avoir rien entendu. Sinon, j'aurais adressé un petit salut aux supporters.
La victoire de l'OM sur Nantes dimanche relègue le Racing à 7 points du premier non-relégable, huit avec le goal-average. Cela change-t-il quelque chose à vos yeux ?
Rien du tout. Nous restons dans l'obligation de réaliser une série. À mes yeux, Marseille n'est pas un concurrent direct dans la course au maintien, parce que l'OM a la surface financière pour se renforcer au mercato si le besoin s'en fait sentir. Ce n'est donc pas sur lui que nous devons reprendre du terrain.
Le Racing, qui n'a remporté que quatre de ses vingt premiers matches, devra signer au moins huit succès (ou sept et quelques nuls) dans ses 14 derniers matches pour se maintenir. Une mission qu'Yvon Pouliquen croit toujours possible.
Jean-Marc Loos











