A l'heure où les Français se détournent de plus en plus de la politique, la situation au conseil général de Haute-Saône n'est pas de nature à inverser la tendance. Depuis plusieurs mois déjà, le spectacle offert -volontairement ou pas- par les élus de l'assemblée départementale est en effet affligeant. Au point qu'on ne peut que se féliciter que les citoyens n'assistent pas aux séances publiques, comme la loi les y autorise. Depuis "l'accident" électoral de mars 1998 qui a abouti à une égalité parfaite (16-16) entre la gauche et la droite et l'élection à la présidence du doyen d'âge Marc Roussel, les débats de l'assemblée départementale se limitent à de stériles querelles politiciennes que l'indisponibilité, depuis maintenant huit mois, du président en question ne fait que renforcer. Les uns et les autres ont leur part de responsabilité dans cette affaire. La droite n'a pas su tirer un trait sur le passé et reconnaître une défaite qui, à défaut d'être une réalité en nombre de sièges, l'était, tout au moins partiellement, en voix. La gauche, pour sa part, n'a pas voulu accompagner sa victoire par défaut en terme d'organisation, refusant tout partage réel des responsabilités. Faute de levier puissant, le nouvel exécutif n'a eu de cesse d'attaquer l'action réalisée sous la présidence Bergelin, ce qui ne pouvait logiquement qu'attiser les tensions et les rancoeurs. N'en déplaise à certains, l'ambiance qui règne aujourd'hui au conseil général est délétère. Les services compétents ont beau travailler pour les Haut-Saônois, la lisibilité politique de l'action départementale est nulle. Seule une clarification issue des élections cantonales de mars 2001 permettra, peut-être, de mettre fin à cette situation ubuesque qui veut qu'un premier vice-président de droite mène la discussion d'un budget préparé par la gauche. « Pour ne pas être accusés de manipulations, nous ne souhaitions pas que le nombre de cantons passe de 32 à 33 avant mars 2001 », reconnaissait hier le patron du Parti socialiste haut-saônois, Yves Krattinger. Sachant que la situation de 98 peut, avec quelques hommes différents, se reproduire dans quelques mois, l'envie est forte de lui répondre : « Quel dommage!» Mais soyons optimistes et envisageons l'arrivée du printemps comme une libération pour la Haute-Saône. A savoir une majorité clairement identifiée au Conseil général.











