Y-a-t-il eu coup de poing à la sortie du tribunal ? L'affaire n'est pas en état d'être jugée selon un magistrat dubitatif devant les réclamations de la partie civile.
« A la sortie du tribunal, il m'a dit que je ne m'en tirerai pas comme çà, c'est tout ! Je n'ai pas frappé ce monsieur (...) Il est tombé de lui-même, en faisant exprès.» Le prévenu nie avoir porté le coup de poing qui le conduit devant le tribunal, pas loin du lieu où les faits se seraient produits. « Il n'y a pas de témoin, note le juge. Juste une attestation du fils de la victime qui n'a pas été interrogé par les policiers...» La défense a beau jeu de relever le calendrier du dossier : « Les faits se seraient déroulés le 21 mars, la plainte a été déposée le 26 mars, la victime a été entendue en avril et c'est le 21 mai que le fils se manifeste J'ai du mal à croire qu'un fils qui voit son père battu n'intervienne pas. Pourtant, on ne voit nulle part l'intervention du fils ce jour-là (...) Le plaigant a voulu profiter de son statut d'invalide de guerre à 85%» L'avocat avait commencé par replacer l'affaire dans un contexte assez favorable à son client. Si les deux protagonistes sortaient du tribunal, c'est parce que le plaignant poursuivait déjà le prévenu : ce dernier l'aurait trompé sur le millésime d'une voiture vendue sept ans plus tôt. « Il demandait 169 000 F plus 70 000 F de dommages et intérêts (...) Le tribunal l'a débouté...», explique l'avocat qui espère bien obtenir le même résultat face aux réparations réclamées cette fois par la victime, 42 000 F.
« Fort de café »
Le substitut du procureur a pourtant du mal à imaginer la simulation en examinant le certificat médical délivré à l'hôpital : « On peut difficilement avoir une plaie à la lèvre et une bosse de l'autre côté de la tête, simplement en tombant..» Le défenseur corrige : « Ce n'est pas une bosse, mais des céphalées...» Et le second certificat médical, qui ajoute huit jours d'incapacité de travail (ITT) aux trois jours initiaux, trouve beaucoup moins grâce aux yeux de l'avocat, pas loin de convaincre un président dubitatif : « 11 jours d'ITT pour une lèvre tuméfiée et un genou légèrement érodé, c'est un peu fort de café, estime Frédéric Baab. Cette affaire n'est pas en état d'être jugée.» Et d'accepter la proposition de la partie civile, une expertise qui obligera le plaignant à revenir de la région parisienne. « J'eus aimé qu'il se déplace aujourd'hui », conclue le magistrat, avant de recommander à la partie civile de justifier les 42 000 F réclamés.











