Le Racing est en progrès dans le jeu depuis trois matches. Mais son inefficacité lui coûte cher. Samedi contre Rennes, comme la semaine précédente à Monaco, il a laissé échapper une victoire à sa portée (1-1) et oublié de rafler la mise.
TOUS ou presque assis sur la pelouse samedi vers 21 h 50, sitôt la fin du match. La tête entre les mains. Prostrés. Désabusés de voir le sort s'acharner ainsi depuis deux matches. Depuis ce déplacement à Monaco où les Strasbourgeois ont multiplié les occasions sans les convertir, avec, notamment, ce coup franc de Chilavert sur le poteau. Depuis qu'une barre transversale a repoussé la reprise fouettée de Nuno Mendes, le Portugais, avant-hier à la 76e. Un bois que comme à Louis II, Martins et ses coéquipiers ont pris en pleine face, eux qui espéraient se relancer par un succès. Assommés.
Avec 8 points sur 30 à la Meinau, le Racing est loin du compte. L'ère Yvon Pouliquen, débutée il y a quinze jours, a généré un changement évident dans le rendement de l'équipe, mais n'a pas - encore - inversé la tendance au classement. Deux points sur neuf sont insuffisants et valent aux Strasbourgeois de porter à nouveau un bien lourd fardeau, la lanterne rouge. Mais de sa capacité à réagir alors qu'il était une nouvelle fois mené au score sur son terrain, le RCS tire des raisons d'espérer.« Il y a un mieux incontestable dans le jeu », confirme le président Patrick Proisy, « dommage qu'il n'y ait pas de répercussions au classement. Comme à Monaco, nous avons manqué de réalisme. Comme à Monaco, nous aurions mérité de gagner. Il ne manque pas grand-chose, juste un déclic. Même si Rennes a ouvert la marque, il y a eu, cette fois, une réaction d'orgueil. Yvon Pouliquen réalise un très bon travail. Les joueurs savent ce qu'ils ont à faire. Ça va finir par payer. »
Sept points sur le premier non-relégable
Logiquement abattus, les Racingmen n'ont nulle intention« de baisser les bras », comme le clame Pascal Johansen. « Nous n'avons pas le droit d'abandonner. Après, adviendra ce qui doit advenir. Si nos efforts finissent par être récompensés, tant mieux. Sinon, tant pis. Mais jusqu'à la fin de saison, il faut continuer à tout donner. Nous avons réalisé trois bons matches, mais récolté seulement deux points. C'est rageant. Mais il ne faut pas gamberger. Car si nous nous décourageons, si nous baissons les bras, nous n'arriverons à rien. Au contraire, si nous continuons à réagir comme nous le faisons, à nous bouger, il nous reste une chance. » À 14 journées de la fin, la situation mathématique n'en finit pourtant plus d'être préoccupante. Au point de provoquer un début de résignation dans les rangs alsaciens ? « Pas du tout », répond Johansen, « depuis son arrivée, Yvon nous pousse à jouer à fond. Nous nous créons des occasions. Ne manque que la concrétisation. Cette peur que pourrait générer notre dernière place s'estompe avec la qualité de nos prestations. Mais c'est vrai que malgré cette progression sensible dans le jeu, nous n'avançons pas au classement. Ce nul contre Rennes nous a même fait reculer d'une place. Mais au moins avons-nous vaincu le syndrome de la Meinau, sans nous écrouler après l'ouverture du score rennaise. » Et cette réaction d'orgueil, agrémentée d'un jeu plus abouti (sauf devant le but), a séduit le public et notamment des Ultra Boys 90 qui fêtaient leurs dix ans d'existence pour l'occasion. « Le public strasbourgeois est comme n'importe quel public, pas plus difficile : il a envie de voir un groupe qui se bat », réagit Yvon Pouliquen, « Là, il s'est très vite rendu compte que l'équipe ne méritait pas d'être menée. Qu'après 5' de doute lié au but encaissé, elle était repartie de l'avant. Après la victoire sur Sedan (3-2), c'est seulement la 2e fois que le Racing ne perd pas à la Meinau en étant mené au score. » Une bien maigre consolation sur un strict plan comptable. Mais une consolation quand même. Avant la trêve, Martins et les siens n'ont plus que deux occasions de se refaire : samedi à Sedan chez des Ardennais intraitables à domicile (7 victoires, 3 nuls, aucune défaite) et le jeudi 21 à la Meinau contre Metz, autre relégable. « On fera les comptes en fin de saison », martèle Pouliquen. Mais pour qu'ils aient une chance d'être équilibrés au soir de la 34e journée le 19 mai, le déficit, de 7 points sur le premier non-relégable (8 avec la différence de buts) après la victoire de l'OM sur Nantes hier, doit être résorbé - en partie au moins - dès maintenant.
Mendes, Bertin (de dos), Luyindula et Ljuboja autour de Bernard Lama : l'lmage- symbole d'un Racing qui, avant de goûter au repos aujourd'hui, a beaucoup donné pour n'être, finalement, que très peu récompensé, samedi.
Jean-Marc Loos











