Patrick Schouler, installé depuis deux mois à Conflandey, expose ses verres gravés et ses jouets en bois sur le marché de Noël. Rencontre avec un artisan passionné.
S'IL VOULAIT cacher ses origines, Patrick Schouler devrait éviter de prononcer le moindre mot : son accent chantant informe immédiatement qu'il vient du sud (de l'Ariège précisément)!
Depuis six ans, il habite la Haute-Saône avec sa petite famille. Artisan depuis toujours, il a ouvert un magasin avec son épouse à Conflandey, il y a deux mois. « Nous sommes idéalement placés, raconte-t-il.Au bord de la Saône, près de l'écluse, nous sommes presque les seuls artisans et nous savons que l'été, beaucoup de touristes sont de passage. Nous allons bientôt être les premiers à vendre des cartes postales de Conflandey et nous proposons aussi des produits du terroir à côté de nos propres productions ». Spécialisé dans la gravure sur verre, il peut tout décorer, des verres aux biberons en passant par les vases. Il aimerait bien s'attaquer à la porte vitrée de l'espace Cotin, où a lieu le marché, mais il n'est pas sûr que les autres exposants supporteraient le bruit occasionné, ni que la mairie apprécierait !
Produits naturels
Parallèlement à ses travaux manuels, Patrick donne des cours de gravure dans les maisons de retraite. La raison : « J'ai eu envie de faire ça après avoir rendu visite au grand-père de mon épouse dans un établissement, explique-t-il. Voir 80 personnes devant la télévision m'a fait de la peine et j'ai voulu leur proposer autre chose ». La télévision, il n'aime pas ça : c'est aussi la raison pour laquelle il fabrique des jeux éducatifs en bois pour les enfants, afin de leur donner une alternative aux longs après-midi devant les dessins animés. Pour donner de la couleur à ses jouets (puzzles, « tour infernale », solitaires...), il utilise surtout des produits naturels : « Comme les enfantsmettent tout à la bouche, il ne vaut mieux pas que cela soit dangereux pour eux ». Et pour faire tourner son commerce, il ne compte pas ses heures. Devant les demandes qu'il a reçues sur le marché, il a passé une partie de la nuit de samedi à dimanche à confectionner de nouveaux jeux, avant de se lever à l'aube pour être à l'heure sur son stand. « Vu les prix que nous pratiquons, je ne préfère pas calculer le rapport horaire de mon travail, commente Patrick. Je suis dans mon atelier, avec la musique, c'est plutôt agréable!» Quand travail rime avec passion...
Quand il fabrique des jouets en bois ou donne des cours de gravure dans les maisons de retraite, c'est pour une raison principale : Patrick Schouler n'aime pas la télé et veut proposer autre chose à ceux qu'il rencontre !
Guillaume Minaux











