Même si le Racing a concédé six défaites en neuf matches à domicile, il doit impérativement ne pas céder au « syndrome Meinau » ce soir (20 h) contre Rennes. Seule une victoire peut le relancer dans la course au maintien.
VINGTIÈME match du Racing en 1999-2000 : pour la 21e journée (sa rencontre de la 20e contre Troyes a été reportée), le RCS se rend à Rennes le 12 janvier dernier. Il pointe au 15e rang avec 23 points (et un match en retard donc) et s'incline 2-1. 20e journée 2000-2001 : ce même RCS reçoit le Stade rennais, ce soir à 20 h à la Meinau. Il est scotché à la 17e place avec 16 points. Sept de moins que la saison passée. Avec le couperet juste au-dessus de la tête. Celui d'une relégation qu'il doit éviter en quinze rencontres.
Avant la trêve de Noël, il se déplacera à Sedan, le coleader, le samedi 16 décembre, puis accueillera Metz pour un derby dramatique le jeudi 21. Trois derniers rendez-vous à l'issue desquels Yvon Pouliquen estime « qu'on aura une idée un peu plus précise de la suite. Si nous nous sommes rapprochés des non-relégables, l'espoir sera grand. Si le fossé s'est creusé, il faudra bien songer à la descente, ne pas se la cacher. »
Camadini et Ljuboja reviennent
Et si l'entraîneur strasbourgeois, qui fêtera sa première à la Meinau sur le banc, ne fixe pas d'objectif mathématique sur ces trois prochaines rencontres, préférant les prendre une par une, certains de ses joueurs ont, eux, déjà fait leurs calculs. « À Lille et Monaco, nous avons développé un meilleur football, mais les résultats n'ont pas suivi », constate Mamadou Bagayoko, « Il nous faudrait 7 points avant la trêve. En cas de résultat négatif contre Rennes, ce ne serait pas cuit. Mais mentalement, il y aurait des répercussions. Nous sommes confiants. Face aux Rennais, nous aurons à coeur de montrer que nous voulons sauver notre tête. » Lui n'en aura pas le loisir dès le coup d'envoi, puisqu'Yvon Pouliquen le cantonnera au banc de touche (le Franco-Malien souffre il est vrai d'une petite pointe aux adducteurs) et relancera Danijel Ljuboja à sa place en attaque. Autre changement : la rentrée de Pascal Camadini dans l'entrejeu, après l'excellent intérim de Yacine Abdessadki, appelé de la dernière heure à Monaco. Quant au forfait de Habib Beye, il implique le décalage de Gharib Amzine comme latéral droit, Fabrice Ehret occupant le flanc gauche. À noter que Jean-Christophe Devaux remplace Cédric Kante dans le groupe. « Il faut gagner deux de nos trois matches », insiste de son côté le gardien paraguayen José Luis Chilavert, « Il suffirait de deux victoires pour que nous retrouvions la confiance. Encore faut-il retenir les erreurs commises à Monaco où nous n'avons pas su faire preuve du minimum d'intelligence pour conserver un point vital. Pour l'instant, les trois lignes ne remplissent pas leur boulot.» Pouliquen ne s'en tiendra pas moins à un schéma 5-3-2 qui a bien fonctionné dans le Nord et en Principauté. « Les joueurs ont des repères. Je veux qu'ils les gardent. Cette semaine, nous avons insisté sur les mouvements offensifs. J'avais l'impression, jusqu'ici, qu'ils jouaient avec le frein à main. Or, ce samedi, nous serons obligés d'aller de l'avant, car le maintien passe par des victoires. La situation est délicate, pas désespérée. Des équipes en posture difficileil y a deux mois côtoient aujourd'hui le haut du classement. Regardez Rennes. Son sursaut d'orgueil ces deux derniers matches, ponctués de deux succès à Paris et contre Lille, l'a replacé. Nous devons prendre les Rennais en exemple. » Au printemps 1992, au soir d'un mémorable barrage retour à la Meinau, le Racing avait laminé Rennes (4-1) et acquis son accession en D 1. Et si, par un clin d'oeil du destin, il lançait véritablement son opération sauvetage, huit ans et demi plus tard, face à Olivier Échouafni, l'ex-Racingman, et aux Bretons ?
Remplaçant à Lille et à Monaco, Danijel Ljuboja (ici à la lutte avec le Bordelais Alain Roche) sera titularisé en attaque aux côtés de Luyindula. Avec une mission : mettre la plus mauvaise attaque de D 1 (15 buts, comme Metz, dont un seul lors des trois dernières journées) sur les rails d'une victoire à domicile qui la fuit depuis la venue de Saint-Étienne le 23 septembre (3-2).
Jean-Marc Loos











