Les chiffres ont de quoi inquiéter. Le temps s'est mis à imiter notre vache européenne, il est devenu fou. Et le consommateur ne s'y retrouve plus : alors qu'il devrait sortir ses skis et faire des batailles de boules de neige, il sue à grosses gouttes -ou presque- sous son parapluie. C'est vrai que tous les ans, le même refrain revient : il n' y a plus de saison... Mais quand même ! 21 degrés en pleine nuit à Grenoble un 8 décembre, des températures dignes d'un mois de mai ou juin dans l'après-midi et cette eau qui n'en finit pas de tomber... Il y a de quoi se poser des questions et se demander si les ravages annoncés du fait de l'émission massive de gaz à effet de serre n'ont pas pris les prévisionnistes et les scientifiques de vitesse. Il y a quelques années, souvenez-vous, on accusait la bombe atomique, les essais nucléaires détraquaient le temps et nous promettaient des lendemains soit de tempêtes, soit de chaleurs insupportables. Aujourd'hui, c'est l'effet de serre qui va changer notre planète du tout au tout. On en est sûr et, dans les cafés du commerce, on le prouve : La tempête phénoménale de décembre dernier avait bien une cause, non ? Et ces alertes à répétitions comme les répliques des séismes, cela veut bien dire quelque chose?.. Et les ouragans dont le nombre devrait être de 20 % supérieur à la moyenne l'an prochain aux Etats-Unis ? Et les Suédois qui se languissent à cause de ce mois de décembre sans froid, sans neige et sans soleil ? Et cette pluie multipliée par quatre le mois dernier sur le sud de la France ou par trois en Bretagne ? Et ces inondations qui menacent ? Les exemples crèvent les yeux : le temps n'est pas ce qu'il devrait être. Pourquoi ? Les statisticiens et météorologues se montrent plus prudents que le Français qui refait le temps chaque matin en levant la tête vers le ciel. Ils considèrent que les phénomènes actuels sont exceptionnels, mais pas forcément anormaux. Le record battu à Grenoble ou ceux de pluviosité datent de cinquante ans, ceux de Suède d'un peu plus de 220 ans. Donc, les bizarreries climatiques sont cycliques. Cela dit, et même si les scientifiques se refusent à attribuer aux gaz à effet de serre les troubles actuels, il est une évidence dont il faut tenir compte : la Terre se réchauffe et les hommes doivent enfin cesser de l'abîmer. Sinon, demain, on saura pourquoi le temps n'est plus ce qu'il était...











