Naguère balourdes, les Volvo jouent aujourd'hui de leurs lignes élancées et de réelles qualités routières. La S60 est un bel exemple.
UN COUPÉ à 4 portes. D'emblée, la critique a eu les yeux de Chimène pour la S60, dernière-née du constructeur suédois. Elle est, c'est vrai, agréable à regarder, bien plus que la S70 qu'elle remplace. Mais c'est affaire subjective et l'oeil pourra toujours tiquer en se posant sur la découpe des feux arrière, un peu caricaturale peut-être. Volvo, c'est visible, a pris un sérieux coup de jeune ces dernières années : les bahuts scandinaves sont devenus d'élégants objets roulants facilement identifiables. Ford, propriétaire de la marque depuis 1999, est aux anges, probablement.
Rien de prétentieux dans cet univers, mais une sobriété très scandinave
La S60, donc. Format berline moyenne supérieure, 4,58 m de long, 4 portes, 5 places. On est dans les cordes d'une Peugeot 406, d'une BMW série 3 et de la nouvelle Laguna, à peine au dessus d'une... S40, l'accès à la gamme Volvo. Cannibalisme à prévoir ? Probablement pas : les prix ne sont pas les mêmes compte tenu d'un positionnement voulu plus haut de gamme pour la S60 et clairement exprimé par le choix des motorisations (que des 5 cylindres) et le prix (de 163 000 F à 267 000 F). Dans l'autre sens, la S60 ne devrait pas trop enquiquiner la S80, ses 24 cm supplémentaires et ses tarifs plus (encore) élitistes. Le chaland tranchera et Volvo, en France du moins, prie le bon Dieu pour qu'il le fasse au détriment de la concurrence : en cinq ans, la marque a vu ses ventes chuter de près de 40%, à moins de 10 000 immatriculations l'an dernier, un score parfaitement incompréhensible compte tenu de la grande qualité des produits. L'importateur espère immatriculer 2000 S60 l'an prochain.
Commercialisée ce mois de novembre, la S60 poursuit la grande offensive de charme déclenchée en 1998 avec la S80 et confirmée l'année d'après par l'élégant break V70. Les trois partagent la même plate-forme, la différence se faisant sur l'empattement, raccourci à 2,74 m pour la dernière née. Soit au centimètre près ce qu'offrent une Laguna II ou une Mondeo. Curieusement pourtant, la Volvo n'offre pas la même habitabilité longitudinale, sans même parler de l'accessibilité médiocre à l'arrière imposée par le dessin des portes ! L'espace aux coudes est à l'inverse très convaincant comme du reste le coffre supérieur à 400 dm³ et extensible grâce à la banquette arrière rabattable 1/3-2/3. La présentation intérieure est 100 % Volvo. Rien de prétentieux dans cet univers, mais une belle sobriété façon Bang et Olufsen, le Danois maître incontesté du design hi-fi. C'est pourtant... le japonais Mitsubishi qui signe l'excellente installation audio. La qualité apparente est indéniable. On se sent bien ici d'autant que les sièges sont très bien dessinés. Equipement choisi quoique la récente Laguna II ait montré que l'on pouvait être plus généreux encore tout en contenant le prix : climatisation électronique, airbags (6), hi-fi... sont certes en série mais il faut payer pour avoir le système Isofix (pour installer un siège enfant), un porte-gobelets dans l'accoudoir arrière et une prise 12 volts ! Mesquin. Trois niveaux de finition, base, Optimum et Summum, que l'on peut étoffer à sa guise en choisissant parmi les packs disponibles.
Pour peu, cette Volvo serait presque gamine sur la route...
La révolution Volvo n'est pas que stylistique : pour peu, la S60 serait presque gamine sur la route ! Légère malgré son poids, équilibrée, précise grâce à une excellente direction et une rigidité de caisse annoncée deux fois supérieure à celle de la S70, confortable, cette Volvo est d'assez loin la plus agréable de la gamme. La plus efficace de toute façon : les chevaux passent bien sur la route, du moins si l'antipatinage est connecté, et il faut aller jusqu'à la bouillante T5 de 250 ch pour mettre à mal le train avant dans certaines conditions malgré son châssis sport. De là à parler de sportivité comme le fait Volvo, il y a un grand pas à franchir... que l'on franchira peut-être si d'aventure le constructeur commercialisait la torride S60 PCC entrevue au dernier Mondial de Paris ! Les mécaniques sont au diapason. Hormis le turbulent 2.3 vingt soupapes turbo de 250 ch, les cinq cylindres sont plutôt calmes et bien élevés, proposés en 140 et 170 ch (atmosphériques) et 200 ch (turbo), tous en 2.4. Le 200 ch (13 CV) est sans doute le plus intéressant d'autant qu'accessible à moins de 200 000 F. Trois transmissions sont disponibles : un système mécanique à 5 rapports et deux boîtes automatiques 4 rapports, une classique et une séquentielle, sans doute la plus agréable des trois surtout lorsque mariée au 2.3 turbo. Les consommations sont évidemment affaire de puissance et de conduite : difficile de tomber sous les 9 litres (moteurs atmosphériques) et 11 litres (turbo) de toute façon. Pas de moteur diesel pour l'instant, mais Volvo en promet un pour l'été prochain, un cinq cylindres 100 % maison de 163 ch, qui devrait assurer... 80 % des ventes S60. La France est décidément un drôle de pays.
Le très élégant dessin de cette Volvo évoque immédiatement un coupé 4 portes. De fait, la S60 donne l'illusion d'être plus longue qu'elle ne l'est en réalité (4,58 m).
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