On sait à quel moment on entre dans la lecture du Guide Hachette des vins ; on ne sait jamais quand on en sortira. Comme les précédentes, l'édition 2001 a gagné en épaisseur (1200 pages) ; l'ouvrage tient de la bible - par son papier - et de la banque de données plus que du guide proprement dit puisque les appréciations sont peu directives et que la hiérarchie des vins se distingue par sa souplesse et son indulgence. Dès lors, le guide se prête à merveille à une lecture « entre les lignes » à laquelle tout amateur de vin doit s'aguerrir. Dans la quantité d'informations offerte, l'appréciation sur le rapport qualité/prix est précieuse. Au chapitre Alsace, il faut saluer au passage l'indication de la teneur en sucre résiduel de certains cépages, gewurztraminer en tête. Bien des vins affichent de raisonnables 9 à 15 grammes/litre de « sucre restant » mais certains gewurztraminers génériques annoncent 23, 27, 30 grammes et jusqu'à... 40 grammes/litre. On reste rêveur devant des chiffres aussi liquoreux qui raviront peut-être les nouveaux venus au vin d'Alsace.
Valeurs sûres et qualité d'ensemble
Dans ses « coups de coeur », le guide reconnaît quelques valeurs sûres comme ce gewurztraminer Moenchreben de 1998 de Rolly Gassmann (Rorschwihr), le pinot noir cuvée Frédéric de Pierre Becht (Dorlisheim) ou le clevner de Paul Ginglinger d'Eguisheim. Mais la plupart des vins sortis du rang sont ceux des nombreuses maisons alsaciennes qui se distinguent par la qualité d'ensemble de leur gamme et signent parfois l'une ou l'autre très belle cuvée. Les dégustateurs du Guide Hachette laissent poindre leur perplexité dans les appréciations qu'ils portent aux vins du Jura : peu d'étoiles, des avis mitigés, peu convaincus. Les « coups de coeur » vont, entre autres maisons, à la Fruitière de Pupillin (Arbois-Pupillin), à Auguste Pirou pour son château-chalon, à Richard Delay pour un pinot noir côtes du jura 98, à Pierre Richard pour un vin de paille 96, au crémant d'André et Mireille Tissot. Dans le cas du Jura, le Guide Hachette se présente comme un excellent outil de prospection ; la diversité des saveurs proposée par des vignerons discrets (trop discrets) appelle une lecture attentive - avec annotations - avant de prendre la route en direction des caves du Revermont.











