Les responsables de la Chambre d'agriculture ont effectué hier une visite de terrain avec le préfet, afin de lui présenter la réalité agricole du département. Trois points de chute étaient au programme.
Une petite sortie dans la campagne, rien de tel pour à la fois s'oxygéner et découvrir le charme d'un département. C'est ce qu'a pu constater hier le préfet Pierre Pouëssel. En effet, une présentation de l'agriculture départementale figurait à son agenda. « Nous organisons cette manifestation chaque fois qu'un nouveau préfet arrive, afin qu'il puisse mieux se rendre compte de la réalité agricole », affirme Jean-Marie Echemann, directeur de la Chambre d'agriculture. Au menu, visite de terrain dans la forêt privée de Lachapelle-sous-Chaux, afin de constater les dégâts occasionnés par la tempête et les travaux de rénovation entrepris. Puis le préfet a découvert le Gaec Besançon à Meroux, une exploitation de polyculture élevage. Patrick Besançon est confronté à une perturbation très importante liée au projet TGV.
« Réfléchissons ensemble »
Son entreprise à vocation laitière, qui possède un droit à produire de 221 000 litres de lait, devrait subir une perte de terrain d'environ 20 % en raison du tracé du futur TGV Est.« C'est pour ce genre de questions que nous souhaitons être des partenaires à part entière dans les discussions, explique le président de la Chambre d'agriculture Claude Monnier. Notre souci n'est pas uniquement de défendre l'agriculture bec et ongles, mais nous aimerions également être partie prenante dans les études qui sont menées pour les projets de développement local, comme c'est le cas pour le TGV. Nous souhaiterions pouvoir être associés en amont, au côté de la SNCF et des autres partenaires, et ne pas simplement être consultés sur le foncier. Actuellement ce n'est pas le cas, car le département est de culture urbaine et les décideurs sont des urbains.»
Et si les vaches devenaient folles ?
S'il est en effet nécessaire de conserver un équilibre dans la société entre le monde rural et le monde urbain, la perte de terrain entraîne également d'autres problèmes. « Actuellement, le département vit en autonomie quant aux besoins alimentaires du cheptel, indique Jean-Marie Echemann. Le danger est que lorsqu'on réduit le foncier, on produit alors moins de nourriture et on a recours à l'achat extérieur, ce qui pose des problèmes de traçabilité. Et la suite, on la connaît...» Pour terminer son tour d'horizon, le préfet a visité le Gaec Wurgler à Lacollonge. Un autre type d'exploitation, où la production laitière est complétée par un atelier caprin. Le lait des chèvres y est transformé en fromage destiné à la vente en circuit court. Actuellement, cette exploitation s'engage dans la reconversion à l'agriculture biologique. Le Territoire de Belfort compte 500 exploitations et les responsables de la chambre d'agriculture veillent à protéger ce patrimoine, tout en étant soucieux du développement économique local. La conclusion de la visite de terrain revient au président Monnier. « Il faut impérativement que nous travaillons tous ensemble, afin qu'un développement soit possible sans que le paysage départemental ne devienne qu'autoroutes, zones industrielles et rails de chemin de fer, et je pense que cela est possible.»
Jean-Marie Echemann, directeur de la Chambre d'agriculture, a servi de guide pour faire découvrir au représentant de l'Etat différents aspects de la vie agricole départementale.
Le préfet Pierre Pouëssel a visité hier plusieurs exploitations agricoles, dont l'atelier caprin du Gaec Wurgler à Lacollonge.
Photos Boris Tritter











