« Cet après-midi, le densimètre affichait 150° Oechslé (soit un degré potentiel de 21,1°) pour un moût de gewurztraminer issu de notre Grand Cru Kitterle. Ce jus devrait permettre l'élaboration de notre Cuvée Année 2000 Sélection de grains nobles. D'habitude on obtient 250 grammes de sucre au litre, cette année 350... ce n'est jamais arrivé dans les annales des Domaines Schlumberger. Cette cuvée sera un grand millésime, révèle Alain Freyburger, directeur technique et chef de cave des Domaines Schlumberger. La météo n'était pas très réjouissante et les collègues ont rentré les raisins en octobre. Nous avons fait le pari de laisser cette année 25 hectares de raisins dehors pour arriver à une concentration naturelle extrême et nous avons eu la chance d'avoir eu dernièrement un vent sec et chaud. Même s'il a plu, le champignon (botrytis cinerea) s'est bien développé et le vent chaud et sec, le foehn, a asséché les baies de raisin au sortir de la vallée. Nous terminons cette semaine la récolte manuelle des raisins issus de nos Grands Crus. Nous pouvons dire que nous avons gagné en concentration, le vin sera extraordinaire. » L'entreprise travaille en alliant méthodes ancestrales et techniques de pointe. Ainsi, en se promenant dans le vignoble, on peut apercevoir des tailleurs de pierre. Ils sont là pour ériger et entretenir les 50 km de murs en pierres sèches. Ces murs, ouvrage colossal, soutiennent les terrasses principales et servent à réduire l'érosion de manière naturelle. On apprend que les pierres proviennent de carrières appartenant des Domaines mais aussi de la prison d'Ensisheim... et de diverses maisons en démolition. On dénombre deux tonneliers en Alsace à ce jour. Dominique Gossmann est l'un des deux, il veille au maintien des 120 foudres en chêne massif, chacun vieux de 120 ans et contenant au total 6600 hectolitres de vin. Toute la production passe presque par là puisque 7500 hectolitres de vin sont produits par an.
Trois tailleurs de pierre travaillent à plein temps pour l'entreprise selon des méthodes ancestrales.
Nadine McEvoy











