Avec un permis passé il y a 40 ou 50 ans, il n'est pas toujours facile pour les conducteurs de reconnaître tous les panneaux signalétiques. C'est justement pour faire prendre conscience aux seniors de leurs limites que la prévention routière organisait hier une journée de remise à niveau.
« Pour obtenir le code, il ne faut pas faire plus de cinq fautes. En somme, avec vos résultats, aucun d'entre vous ne l'aurait eu.» Formateur pour moniteurs d'auto-école, Sylvain Becker a fait repasser hier, toute la matinée, des tests de conduite à un public ciblé : les seniors titulaires du permis de conduire depuis plus de 25 ans. Une journée de « recyclage » qui a permis aux 14 stagiaires présents de constater leurs lacunes. « Notre objectif est de faire un rappel des connaissances, explique Jacques Alix, directeur départemental de la sécurité routière. Rien n'est jamais acquis en la matière, il est donc important de se remettre en cause. Il en va de sa propre sécurité et de celle des autres.» Et le public ciblé a su se montrer concentré et intéressé. « La preuve que j'ai bien fait de m'inscrire à cette formation, c'est que j'ai fait 12 fautes sur 20, remarque Jacques, 81 ans, doyen de la journée avec sa femme Marie-Thérèse. Mais de toute façon, moi je ne suis que copilote. C'est mon épouse qui me transporte, alors je suis venu pour l'accompagner!». Toute la matinée, Jacqueline, Marcel, Louis et leurs camarades ont planché sur le code la route. Ils ont aussi échangé avec Annie Tugend, psychologue, qui a insisté sur l'aspect comportemental du conducteur : « Il est essentiel de mettre l'accent sur les limites de la conduite, comme l'alcool, la prise de médicaments, les troubles de la vue, la fatigue ou encore l'esprit vagabond ».
Si jeunesse savait...
S'ils ont écoute les remarques des formateurs, les stagiaires ont aussi su défendre leur âge. « Nous sommes la population la plus raisonnable au volant, affirme Jacqueline, 55 ans. Nous ne sommes pas pressés car aucun patron ne nous attend, et nous n'avons pas de gosses qui piaillent à l'arrière. Et puis, on dit toujours que les jeunes connaissent mieux le code de la route que nous, sauf qu'ils ne savent pas le mettre en pratique!». Après la théorie, les vétérans sont passés à la pratique. Durant deux heures l'après-midi, ils ont sillonné Belfort et ses alentours en compagnie de moniteurs d'auto-école. Une expérience importante pour prendre conscience de ses erreurs de conduite. Ils ont enfin appris pendant une heure les gestes élémentaires de secours, en compagnie de formateurs de la Croix-rouge. Organisée pour la seconde fois cette année dans le cadre du plan d'action de la sécurité routière, ce type de journée de rappel de connaissance devrait être intensifié l'an prochain. La cible de la sécurité routière ne sera ainsi plus uniquement les jeunes conducteurs mais aussi les anciens, pour qui les cours sont bien loin.
Toute la matinée, les 14 stagiaires volontaires ont révisé leur code de la route. Epreuve hautement instructive sur l'état des connaissances des uns et des autres. Car depuis 40 ou 50 ans, la signalisation a beaucoup évolué.
Photos Séverine Depond











